November 6, 2017 / 11:33 AM / a year ago

BOURSE-Deutsche Telekom chute après l'échec de la fusion T-Mobile/Sprint

PARIS, 6 novembre (Reuters) - Le titre Deutsche Telekom chute lundi à la Bourse de Francfort après l’échec du projet de fusion entre T-Mobile US, la filiale de l’opérateur télécoms allemand, et Sprint Corp.

L’opération aurait permis de créer un acteur des télécoms susceptible de concurrencer les leaders du marche américain. Si la nouvelle entité avait vu le jour, elle aurait compté plus de 130 millions d’abonnés et se serait classée au troisième rang d secteur aux Etats-Unis derrière Verizon Communications et AT&T.

Cet échec pousse les investisseurs et analystes à revenir sur leurs anticipations de synergies, qui étaient estimées à plus de 27 milliards de dollars, soit l’équivalent de la capitalisation boursière de Sprint.

A Francfort, Deutsche Telekom ,qui détient 64% du capital de T-Mobile US, chute de 3,58% à 15,08 euros vers 11h25 GMT alors que le Dax 30 perd 0,22% et que le Stoxx 600 est pratiquement inchangé. L’ensemble du secteur européen des télécoms recule de 0,58%.

La baisse de Deustche Telekom fait écho à celle du japonais Softbank, l’actionnaire majoritaire de Sprint: le titre du groupe nippon a reculé de 2,6% à la Bourse de Tokyo.

SoftBank a annoncé dimanche son intention de porter sa participation dans Sprint de 83% à un peu moins de 85%, confirmant ainsi son engagement vis-à-vis du quatrième opérateur mobile américain.

Pour Deutsche Telekom, T-Mobile US constitue un moteur essentiel de la croissance des résultats, ce qui aurait pu être encore accentué en cas de fusion avec Sprint.

T-Mobile a réalisé au troisième trimestre un chiffre d’affaires en hausse de 8%, franchissant pour la première fois le seuil des 10 milliards de dollars.

La publication trimestrielle de Deutsche Telekom, prévue jeudi, devrait s’avérer bien différente : les analystes anticipent en moyenne un chiffre d’affaires de 18,4 milliards d’euros, en progression de seulement 1,6% sur un an.

Elle devrait notamment refléter des performances encore faibles sur le marché allemand, très concurrentiel et sur lequel les revenus du groupe n’ont progressé que de 0,4% au premier semestre.

T-MOBILE JUGÉ CAPABLE DE RÉUSSIR SEUL

Les analystes de Kepler Cheuvreux ont abaissé lundi leur recommandation sur Deutsche Telekom à “conserver” contre “achat” et réduit leur objectif de cours à 16 euros contre 17,50 euros.

“Bien que la stratégie à long terme implique encore une fusion ou une alliance stratégique avec un opérateur ou un câblo-opérateur, pour le moment, nous intégrons l’absence de fusion entre T-Mobile et Sprint dans notre valorisation” expliquent-ils.

L’absence d’opération de M&A et les craintes entourant l’éventuelle cession par l’Etat allemand de sa participation de 32% dans Deutsche Telekom pèse sur la valeur, en dépit de la solide génération de trésorerie du groupe, ajoutent les analystes de Kepler.

Ceux de Berenberg saluent toutefois la discipline exercée par la direction de Deutsche Telekom, qui a refusé de payer une prime sur le cours de Sprint pour avoir le contrôle de la structure de gouvernance.

Le président du directoire de Deutsche Telekom, Tim Höttges, a assuré que T-Mobile poursuivrait la stratégie qui lui a permis de recruter plus d’un million de clients au troisième trimestre, un chiffre atteint pour le 18ème trimestre consécutif.

“Honnêtement, T-Mobile US est assez bien positionné pour réussir par lui-même sans s’associer avec Sprint”, estime Dhananjay Mirchandani, analyste chez Bernstein à Londres.

“En ce qui concerne Deutsche Telekom, au-delà de la baisse du titre à court terme, je ne vois pas comment cela modifie réellement la stratégie”, ajoute-t-il.

Certains investisseurs se demandent par ailleurs si T-Mobile n’a pas atteint un pic, alors que le cours de Bourse a été multiplié par neuf depuis la crise financière pour toucher un plus haut historique à 68 dollars en juin.

Au cours de T-Mobile vendredi soir (58,91 dollars), la participation de 64% détenue par Deustche Telecom est valorisée à 31 milliards de dollars (26,7 milliards d’euros), soit près de un peu plus d’un tiers de la valeur globale du groupe allemand (74,5 milliards d’euros).

Douglas Busvine, Blandine Hénault pour le service français, édité par Marc Angrand

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below