19 septembre 2017 / 12:26 / dans 3 mois

LEAD 1-La BCE pourrait garder la possibilité de prolonger le QE-sources

* Pas de date ferme pour la fin du QE en octobre

* Souplesse sur la durée et/ou l‘ampleur du QE

* Certains, à la BCE, craignent de voir l‘euro à plus de $1,20

par Francesco Canepa et Balazs Koranyi

FRANCFORT, 19 septembre (Reuters) - Les responsables de la Banque centrale européenne (BCE) sont en désaccord sur la nécessité de fixer dès octobre la date de l‘arrêt du programme d‘achats d‘actifs, ce qui accroît la probabilité de voir la BCE se réserver au moins la possibilité de le prolonger, a-t-on appris de six sources au sein du Conseil des gouverneurs.

La vigueur de l‘euro, qui freine la remontée de l‘inflation vers l‘objectif de la BCE, est la principale raison de ce désaccord, ont déclaré ces sources directement informées des débats en cours.

Le Conseil est divisé entre les pays, emmenés par l‘Allemagne, partisans d‘un arrêt définitif des achats de titres et ceux qui veulent seulement réduire le montant mensuel des achats, ont-elles expliqué.

Cette division accroît la possibilité de voir la réunion de politique monétaire du 26 octobre aboutir à une solution de compromis, soit en renonçant à fixer une date d‘arrêt définitif des achats, soit en repoussant la décision jusqu‘en décembre, ont précisé les sources.

La BCE a refusé de commenter ces informations.

Les sources ont souligné qu‘aucune décision n‘avait été prise à ce stade et que le débat se poursuivait.

Les “faucons” disent que la force de l‘euro atteste de la forte croissance économique de la zone euro, tandis que les “colombes” craignent qu‘elle ne soit que le reflet d‘un coup de mou aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, deux des principaux partenaires économiques de la zone euro, et redoutent de voir l‘euro dépasser le pic de 1,20 dollar inscrit ce mois-ci, ont expliqué les sources.

“La vigueur de l‘euro est le problème numéro un”, a résumé l‘une d‘elles.

Les responsables de la banque centrale ont été rassérénés par les statistiques salariales de la semaine dernière et surveilleront les prochains indicateurs de prix et de sentiment qui tomberont d‘ici au 26 octobre pour voir si l‘inflation évolue vers l‘objectif de la BCE, à savoir un taux d‘inflation d‘un petit peu moins de 2%.

Certains éléments sont cependant hors de contrôle.

La possibilité de voir la Banque d‘Angleterre (BoE) relever les taux pour la première fois en 10 ans est en soi réconfortante pour la BCE parce qu‘elle induit une hausse future de la livre face à la monnaie unique.

D‘autres responsables de l‘institut d‘émission mettent en avant les nombreuses incertitudes entourant la capacité du président Donald Trump à mettre en oeuvre ses promesses électorales de stimulation de la croissance.

Si l‘on ajoute les retombées économiques des ouragans qui ont récemment touché, entre autres, les Etats-Unis, le risque est que la Réserve fédérale s‘abstienne de poursuivre son mouvement de hausse des taux, ce qui ne pourrait que peser sur le dollar face à l‘euro.

“La principale source d‘incertitude tient à la politique économique des Etats-Unis; seront-ils à la hauteur?”, a expliqué une autre source.

“C‘EST OUVERT”

Dans un tel contexte, certains, au sein de la BCE, prônent la prudence et veulent se réserver la possibilité de prolonger à nouveau les achats d‘actifs l‘an prochain si nécessaire.

Reconduire certains éléments du discours de la BCE, en particulier le fait de pouvoir prolonger ou amplifier les rachats d‘actifs si besoin est pour soutenir l‘inflation, pourrait être une manière de procéder.

Ce n‘est pas pour rien que le président Mario Draghi et d‘autres responsables monétaires ont parlé de “recalibrage” du programme plutôt que de “dénouement progressif”, correspondant au “tapering”, terme anglais que la Réserve fédérale avait employé lorsqu‘elle a commencé à dénouer son propre programme d‘assouplissement quantitatif (QE) en 2013.

“Un recalibrage n‘est pas un dénouement; c‘est ouvert”, a noté une source.

La BCE peut aussi jouer sur les anticipations du marché autour de sa prochaine hausse des taux, qui n‘interviendrait pas, a-t-elle dit, avant la fin des rachats d‘actifs, rachats qui seraient alors répartis sur une période plus longue, de l‘avis de deux sources.

Dans la mesure où la BCE risque de se retrouver à court d‘emprunts souverains éligibles de certains pays, cette nouvelle orientation pourrait être menée en partie en augmentant par exemple les rachats d‘emprunts émis par des entreprises.

D‘autres ont confiance dans le dynamisme économique de la zone euro, qui peut perdurer, estiment-ils, sans l‘apport des rachats obligataires et ils espèrent qu‘une date d‘arrêt sera finalement fixée, même s‘il faut pour cela attendre la réunion de politique monétaire du 14 décembre.

Ils arguent que les bienfaits du programme QE vont en s‘amenuisant et qu‘au contraire ses effets secondaires, comme l‘inflation des prix des actifs financiers et immobiliers, vont en grandissant.

Des sources avaient dit à Reuters ce mois-ci que deux hypothèses débattues au sein de la BCE étaient d‘acheter des obligations jusqu‘en juin ou jusqu‘en septembre au rythme de 40 à 20 milliards d‘euros par mois, au lieu des 60 milliards actuels. (Marc Angrand et Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc Joanny)

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