September 19, 2017 / 10:01 AM / 9 months ago

LEAD 1-MBDA invite Paris et Rome à renverser la vapeur dans le naval

* Leonardo a vocation à rester au capital de MBDA-PDG

* Décrocher des contrats en Pologne, un objectif de long terme (Actualisé avec précisions)

par Cyril Altmeyer et Tim Hepher

PARIS, 19 septembre (Reuters) - A huit jours d’un sommet franco-italien très attendu, le constructeur européen de missiles MBDA a appelé mardi Paris et Rome à revenir à la construction de frégates communes, après des décennies de divergences croissantes, et à renforcer ainsi l’efficacité industrielle de l’Europe de la défense.

Après l’annonce le 13 juillet par Emmanuel Macron et Angela Merkel d’initiatives communes dans la défense, c’est désormais vers l’Italie que la France se tourne, espérant accompagner d’un volet militaire l’accord espéré pour résoudre le différend entre les deux pays sur l’actionnariat des chantiers navals STX de Saint-Nazaire.

A la question de savoir si l’Italie souhaitait selon lui garder son industrie de missiles et en tous cas rester actionnaire de MBDA, Antoine Bouvier a répondu à l’affirmative.

“Rien n’est jamais sûr, rien n’est jamais acquis, mais les fondamentaux à la fois au niveau de l’Italie, de Leonardo et de la contribution de MBDA à l’armement des plates-formes italiennes vont dans ce sens”, a-t-il déclaré lors d’une rencontre avec l’Association des journalistes professionnels de l’aéronautique et de l’espace (AJPAE).

Antoine Bouvier a regretté les divergences croissantes entre les frégates italiennes et françaises, qui étaient identiques dans les années 1990 à l’époque des frégates Horizon et qui ne partagent désormais plus que les missiles MBDA.

“On est évidemment très satisfait d’être le dernier carré résistant de la coopération de cette divergence mais c’est une situation qui n’est pas satisfaisante”, a-t-il dit.

“Tout ce qui va dans un sens (...) de renverser la vapeur sur cette coopération dans le domaine naval va évidemment dans le bon sens.”

L’alliance en cours de discussions sur STX, qui concernent Naval Group (ex-DCNS) et Fincantieri, pourrait conduire à des partenariats avec Thales et Leonardo, a-t-on appris la semaine dernière auprès de deux sources proches du dossier.

ESPOIR SUR LA CSP, L’EURO DE LA DÉFENSE EUROPÉENNE

Leonardo, qui détient 25% de MBDA aux côtés d’Airbus et du britannique BAE Systems qui ont chacun 37,5%, devrait en toute logique rester au capital du constructeur de missiles, a également déclaré Antoine Bouvier.

On a prêté à Leonardo l’intention de sortir du constructeur de missiles pour se renforcer dans le fabricant de turbopropulseurs ATR dont il est coactionnaire à parité avec Airbus.

Antoine Bouvier a dit fonder aussi beaucoup d’espoirs sur la réactivation par Paris et Berlin le 13 juillet de la Coopération structurée permanente (CSP), qui figurait dans le traité de Lisbonne en 2009 et est restée en sommeil depuis.

“La CSP, c’est l’équivalent de l’euro dans la défense” européenne, a-t-il souligné, rappelant qu’elle prévoit une coopération industrielle non seulement sur de nouveaux programmes mais aussi sur des achats européens de matériel.

Antoine Bouvier s’est également félicité de la signature le 24 août par MBDA d’un protocole d’accord (MOU) avec le groupe public roumain Romarm et sa filiale Electromecanica Ploiesti lors d’un voyage d’Emmanuel Macron en Europe centrale et orientale marqué par une passe d’armes avec la Pologne.

Dans un contexte déjà tendu par l’annulation controversée d’une commande militaire à Airbus Helicopters en 2016 , Emmanuel Macron avait déclaré à cette occasion que les Polonais méritaient mieux que des dirigeants qui trahissaient selon lui les valeurs européennes, conduisant la Première ministre polonaise à le taxer d’arrogance et d’inexpérience.

“Bien sûr que ça va devenir plus compliqué mais on est très déterminé”, a déclaré Antoine Bouvier, disant se fixer desormais des objectifs de moyen-long terme et non pas de court terme pour l’obtention de nouveaux contrats en Pologne.

Varsovie a annoncé au printemps avoir choisi d’acheter huit systèmes de défense Patriot de Raytheon, un contrat d’une valeur de 7,6 milliards de dollars, au détriment de l’Aster développé par MBDA. (Edité par Benoît Van Overstraeten)

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