17 septembre 2017 / 18:08 / dans un mois

L'inflation modérée, un puzzle à 1.000 milliards de dollars-BRI

LONDRES, 17 septembre (Reuters) - L‘énigme d‘une inflation qui reste obstinément modérée malgré une reprise de l‘économie mondiale et la poursuite de la mise en vigueur de politiques monétaires accommodantes est une question à “mille milliards de dollars”, estime dimanche la Banque des règlements internationaux (BRI).

Dans son dernier rapport trimestriel en date, la BRI, organe international de coordination des grandes banques centrales, ajoute que le bas niveau des taux d‘intérêt et la rare coïncidence d‘une croissance aussi bien des pays développés que celle de pays émergents poussent les marchés financiers vers la haut, notant que des signes d’“exubérance” refont leur apparition.

L‘endettement collectif des entreprises américaines est bien plus élevé qu‘avant la crise financière de 2007-2009 et une chute des primes demandée par les investisseurs pour des prêts plus risqués a dopé la vente d‘obligations dites à contrats allégés, qui offrent des rendements élevés.

La BRI s‘interroge sur la possibilité d‘une nouvelle crise en cas de remontée significative des taux. L‘institution prône le retour progressif à des taux plus élevés alors que les banques centrales hésitent à donner un tour de vis monétaire en raison du bas niveau de l‘inflation.

“On a l‘impression d‘être dans ‘En attendant Godot’”, note Claudio Borio, à la tête du département monétaire et économique de la BRI, en référence à la pièce de Samuel Beckett où les personnages principaux attendent quelqu‘un qui n‘arrive jamais.

La BRI précise que personne n‘a encore réussi à comprendre pourquoi l‘inflation reste si faible alors que certains pays sont en situation de plein emploi ou presque et que les banques centrales ont apporté un soutien inédit à l‘activité.

“C‘est la question à mille milliards de dollars, qui va définir la voie que va prendre l‘économie mondiale dans les années à venir et déterminer, selon toute vraisemblance, l‘avenir des actuels cadres des politiques monétaires”, poursuit Claudio Borio. “Mais, de manière quelque peu inquiétante, personne ne connaît vraiment la réponse.”

Le rapport de la BRI contient également une étude disant que l‘endettement mondial était peut-être sous-évalué de quelque 13.000 milliards de dollars parce que les pratiques comptables traditionnelles ne prennent pas en compte les produits dérivés sur le marché des changes utilisés en guise de couverture pour le commerce international et les obligations en devises étrangères.

L‘endettement des pays émergents a doublé entre 2007 et fin 2016 pour atteindre 11.700 milliards de dollars. Sur la période, cet endettement est passé d‘un ratio de 41% du produit intérieur brut (PIB) à 51%. (Marc Jones, Benoit Van Overstraeten pour le service français)

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