15 septembre 2017 / 11:03 / dans 11 jours

La BCE doit réduire ses rachats d'actifs-Lautenschläger

TALLINN, 15 septembre (Reuters) - Il est temps que la Banque centrale européenne (BCE) réduise son vaste programme de rachats d‘actifs, a déclaré vendredi Sabine Lautenschläger, selon laquelle la reprise économique dans la zone euro et la faiblesse des taux d‘intérêt permettront à l‘inflation de revenir vers l‘objectif d‘un peu moins de 2%.

Il s‘agit à ce jour de l‘appel le plus explicite d‘un responsable de l‘institut d‘émission en faveur d‘une réduction des rachats d‘actifs dont le montant total devrait atteindre 2.300 milliards d‘euros.

La BCE a entamé ses achats d‘obligations d‘Etat en mars 2015, dans le cadre de son programme d‘assouplissement quantitatif (quantitative easing, QE), censé relancer l‘inflation, mais cette initiative, selon ses détracteurs, a surtout servi à créer des bulles, notamment dans l‘immobilier et sur le marché obligataire.

“La croissance vigoureuse conjuguée à une politique monétaire accommodante nous ramèneront à un taux d‘inflation conforme à notre objectif”, a déclaré Sabine Lautenschläger lors du forum financier Eurofi à Tallinn.

“Il y a peu de doute à ce sujet. Par conséquent, il est temps de prendre une décision dès maintenant sur la réduction de nos achats d‘obligations au début de l‘an prochain”, a ajouté cette membre du directoire de la BCE.

Sa déclaration coïncide avec la publication vendredi par Eurostat de données selon lesquelles les salaires dans la zone euro, en hausse de 2% sur un an, ont progressé au deuxième trimestre à leur rythme le plus élevé depuis deux ans.

L‘inflation dans la zone euro s‘est stabilisée à un peu plus de 1%, mais elle est inférieure depuis maintenant quatre ans à l‘objectif à moyen terme de la BCE.

Sabine Lautenschläger a reconnu que l‘inflation “prenait un peu plus longtemps que prévu pour se redresser” mais elle a estimé que les achats d‘obligations effectués par la BCE et les “mesures de politique monétaire standard” apportaient suffisamment de souplesse à ce stade.

La BCE devrait annoncer, le mois prochain, une réduction de ses achats d‘obligations en janvier, mais ses responsables divergent sur le fait de rendre une telle décision publique de peur d‘effrayer les investisseurs et d‘accélérer la hausse de l‘euro.

Sabine Lautenschläger a admis que la communication de la BCE devait être prudente.

“D‘une part, nous devons aider les marchés à avoir une idée de ce à quoi ressemblera la sortie et, d‘autre part, nous ne devons pas les perturber avec des idées vagues ou ambiguës”, a-t-elle dit. (Balazs Koranyi à Tallinn, avec Francesco Canepa à Ljubljana; Claude Chendjou pour le service français, édité par Bertrand Boucey)

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below