13 août 2017 / 15:26 / dans un mois

POINT HEBDO-Les fonds baissiers américains sortent de leur torpeur

(Répétition sans changement d‘une dépêche transmise dimanche)

par Trevor Hunnicutt

NEW YORK, 14 août (Reuters) - Les fonds “bear” américains, dont l‘objectif est de tirer parti de la baisse des marchés actions, sortent lentement de l‘hibernation.

Ces fonds communs de placement ont capté 413 millions de dollars (349 millions d‘euros) au deuxième trimestre, selon Lipper, l‘afflux le plus important depuis le pic du “Taper Tantrum” de 2013.

Cette année-là, la Fed avait signalé une possible réduction (“tapering”) du programme de rachat d‘actifs de la banque centrale, provoquant une crise (“tantrum”) sur le marché obligataire sous la forme de dégagements massifs qui avaient entraîné une flambée des rendements des emprunts d‘Etat américains.

Jeudi, le S&P-500 a enregistré sa première perte de plus de 1% en 58 séances, et l‘indice de volatilité VIX du CBOE, baptisé “l‘indice de la peur”, a bondi de plus de 44%, relève Bespoke Investment Group.

Cette pression sur les cours survient après une période frustrante pour les investisseurs des fonds bear. A son cours de clôture mercredi, le S&P affichait une hausse de 10,5% depuis le 31 décembre. Jeudi, cette progression s‘établissait à 8,9%.

L‘escalade verbale entre la Corée du Nord et les Etats-Unis a pesé sur les marchés cette semaine. Donald Trump a affirmé vendredi que les solutions militaires qui pourraient être employées par les Etats-Unis contre la Corée du Nord sont “totalement en place” et sont prêtes à être utilisées si le régime nord-coréen agit de manière “imprudente”.

“IL EST TEMPS DE SE COUVRIR”

Brad Lamensdorf, gérant de portefeuille chez AdvisorShares Ranger Equity Bear ETF relève que le regain d‘intérêt pour son fonds émane notamment de “personnes pensant qu‘il est temps se couvrir”.

“(Ces investisseurs) sont assez négatifs sur les perspectives”, commente-t-il.

Son fonds a dans sa ligne de mire les entreprises dont les perspectives de bénéfices sont faibles ou qui présentent des problèmes de trésorerie. Il a attiré 20 millions de dollars cette année.

Longtemps délaissés par les investisseurs, ces fonds retrouvent un peu d‘attrait, mais la demande qu‘ils suscitent reste extrêmement modeste comparée à l‘ensemble des fonds. Ils ont enregistré des sorties sur neuf des 15 derniers trimestres, selon Lipper.

En comparaison, les fonds indiciels cotés et les fonds communs de placement en actions américains ont attiré 32 milliards de dollars cette année, dividendes réinvestis inclus, selon l‘Investment Company Institut.

Les fonds bear conservent une position vendeur sur les actions, espérant gagner quand les marchés baissent.

Le coût d‘une telle stratégie associé à la bonne performance des actions a contribué à ce que ces fonds affichent une performance négative de 13,5% cette année, selon des données Lipper.

“C‘est une banalité de dire qu‘on observe les niveaux de valorisations les plus élevés de tous les temps, et j‘ai du mal à y croire”, explique Doug Ramsey, directeur des investissements chez Leuthold Group, qui propose un fonds bear, le Grizzly Short Fund.

Les fonds de la société ont récemment réduit leur exposition aux actions, mais il estime que les actions pourraient connaître une nouvelle poussée avant que le marché ne se retourne réellement à la baisse.

“Là, nous attendons seulement un repli à court terme”, ajoute-t-il.

Plusieurs grands gestionnaires d‘actifs se sont montrés prudents ces derniers jours.

Ainsi, Ray Dalio, de chez Bridgewater Associates a-t-il écrit jeudi que “les risques augmentent maintenant et ne semblent pas intégrés dans les cours de manière appropriée”.

Chez BlackRock, Russ Koesterich estime que le resserrement de la politique monétaire en Europe et aux Etats-Unis pourrait transformer des incertitudes politiques en tragédie, ébranlant la confiance des marchés.

Mais certains investisseurs pensent que les marchés pourraient encore progresser.

Selon l‘American of Individual Investors, association à but non lucratif, 36,1% des investisseurs anticipent une hausse du marché dans les six prochains mois. Ils sont 32,1% à prévoir une baisse.

“On n‘observe pas l‘espèce d‘euphorie qui existe généralement à la fin d‘un cycle”, relève Leon Cooperman, patron du fonds spéculatif Omega Advisors. (Catherine Mallebay-Vacqueur pour le service français)

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