26 juillet 2017 / 15:43 / dans 2 mois

LEAD 2-Après Paris, Londres annonce la fin de l'essence et du diesel en 2040

(Actualisé avec détails, contexte)

par Kylie MacLellan

LONDRES, 26 juillet (Reuters) - Le gouvernement britannique a annoncé mercredi la fin des ventes de voitures à moteur essence ou diesel à partir de 2040 avec l‘intention de les bannir des routes dix ans plus tard.

En France, Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique, a fixé un objectif similaire le 6 juillet lors de la présentation de son plan climat.

Les maires de Paris, Madrid, Mexico et Athènes prévoient aussi d‘interdire les véhicules diesel dans leurs centres-villes d‘ici 2025.

Le gouvernement britannique, poussé à réduire la pollution atmosphérique après plusieurs décisions de justice dans des procès intentés par des groupes de pression, a présenté en mai un plan de suppression des véhicules les plus polluants.

“Aujourd‘hui nous confirmons que cela signifie qu‘il ne devra plus y avoir de nouveaux véhicules diesel ou à essence en 2040”, a déclaré le ministre britannique de l‘Environnement, Michael Gove, à la BBC.

Le programme du Parti conservateur de la Première ministre Theresa May prévoit que “presque toutes les voitures et camionnettes” seront à émissions nulles d‘ici 2050. Le Times croit savoir que l‘interdiction des ventes en 2040 concernera également les véhicules hybrides.

Les voitures électriques représentent actuellement moins de 5% des nouvelles immatriculations en Grande-Bretagne où les automobilistes hésitent à les acheter en raison de leur coût plus élevé et du nombre limité de bornes de rechargement. Les constructeurs quant à eux rechignent devant de lourds investissements tant que la demande n‘est pas au rendez-vous.

“Nous pourrions fragiliser la prospérité du secteur automobile britannique si nous ne lui laissons pas suffisamment de temps pour s‘adapter”, a prévenu Mike Hawes, le directeur général de la fédération britannique des professionnels de l‘automobile, la SMTT.

UN FUTUR ELECTRIQUE ?

Si de nombreux constructeurs peinent à enterrer le moteur à combustion, certains se sont convertis à l‘idée que les voitures électriques, voire les véhicules sans conducteur, finiront pas s‘imposer.

Volvo a ainsi annoncé ce mois-ci qu‘à compter de 2019 tous ses modèles seraient soit électriques, soit hybrides.

Dès 2009, Renault-Nissan avait dévoilé un plan d‘investissement de quatre milliards d‘euros pour le développement de la voiture électrique.

Mais jusqu‘à ce que Volkswagen admette en 2015 avoir triché sur des tests d‘émission de moteurs diesel aux Etats-Unis, la plupart des grands constructeurs étaient réticents à investir massivement dans la voiture électrique.

Le revers représenté par le scandale VW pour le diesel, sans lequel les constructeurs seraient à la peine pour respecter les normes d‘émissions de CO2 qui leur sont imposées, a favorisé de nouvelles initiatives.

VW lui-même a présenté l‘année dernière un plan ambitieux de lancement de 30 nouveaux modèles de voitures électriques dont il espère que les ventes annuelles atteindront entre deux et trois millions d‘unités à l‘horizon 2015 et jusqu‘au quart de sa production totale.

Toyota, précurseur dans les hybrides mais longtemps sceptique sur la voiture électrique, a aussi fait volte-face l‘année dernière et annoncé le lancement d‘une nouvelle gamme toute électrique.

La Chine, aux prises avec d‘énormes problèmes de pollution urbaine, pousse au développement de véhicules électriques. Si les Etats-Unis se montrent moins enthousiastes, l‘Allemagne, autre grand pays de l‘automobile, devrait aussi prochainement se convertir à l‘élimination progressive du diesel et de l‘essence, a dit Oliver Wittke, spécialiste des transports au sein de la CDU de la chancelière Angela Merkel.

MERKEL NE VEUT PAS DE “DIABOLISATION” DU DIESEL

Une éventuelle interdiction des moteurs à combustion en Allemagne d‘ici 2030 menacerait plus de 600.000 emplois dans le pays, a toutefois prévenu l‘institut Ifo dans une étude réalisée pour le compte de la fédération automobile VDA et publiée la semaine dernière.

Les trois grands constructeurs allemands, VW, Daimler et BMW, ont massivement investi dans les technologies diesel.

Interrogé sur la décision du gouvernement britannique, une porte-parole du gouvernement allemand a dit mercredi qu‘Angela Merkel avait mis en garde à de nombreuses reprises contre tout “diabolisation” des voitures diesel.

L‘initiative de Londres va toutefois hâter le déclin de ces dernières en Grande-Bretagne, deuxième plus grand marché européen de l‘automobile.

Leurs ventes ont baissé de 10% au premier semestre dans le pays alors que celles de véhicules à essence ont augmenté de 5% et les ventes de véhicules hybrides et électriques de 30%, selon les données de la SMMT.

Michael Gove a aussi annoncé la mise à disposition des collectivités locales d‘une enveloppe de 200 millions de livres sterling (224 millions d‘euros) pour faire face aux problèmes de pollution.

Il s‘est dit favorable à des restrictions des véhicules diesel sur certains tronçons où la pollution est élevée plutôt qu‘à des interdictions pures et simples dans les centres-villes ou à des programmes coûteux de mise à la casse sans les exclure complètement si les collectivités locales concernées souhaitent y recourir. (avec David Milliken et Estelle Shirbon, Jean-Philippe Lefief, Gilles Trequesser et Marc Joanny pour le service français, édité par Véronique Tison)

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