24 juillet 2017 / 10:43 / il y a un mois

France-Logement-Les syndicats dénoncent la baisse des allocations

* Plus de six millions de personnes touchées

* Un effort budgétaire "sur le dos des plus démunis"-CGT

* Pas un choix de gaieté de coeur, répond la majorité

PARIS, 24 juillet (Reuters) - Les syndicats se sont insurgés lundi contre l'annonce de la baisse de cinq euros par mois de l'ensemble des aides au logement à partir d'octobre, un choix politique qui pénalise selon eux les plus démunis.

"Le gouvernement donne un très mauvais signal aux familles les plus pauvres et aux jeunes", estime la CFDT dans un communiqué.

Cette baisse concernera trois allocations : l'aide personnalisée au logement (APL), l'allocation de logement familiale (ALF) et l'allocation de logement sociale (ALS).

Au total, c'est plus de six millions de bénéficiaires qui devraient voir leurs allocations diminuer.

"La baisse de 5 euros n’est pas anecdotique pour ceux qui ont déjà beaucoup de mal à 'boucler les fins de mois', notamment les jeunes, les salariés en grande précarité et certains retraités", souligne la CFDT, qui demande au gouvernement de renoncer à cette mesure.

DES ÉCONOMIES "SUR LE DOS DES PLUS DÉMUNIS"

La réduction des aides au logement avait été annoncée par Edouard Philippe lors de son discours de politique générale, le 4 juillet, puis confirmée lors d'une audition le 12 juillet de Bruno Le Maire, ministre de l'Economie, et de Gérald Darmanin, ministre de l'Action et des Comptes publics, par la commission des Finances de l'Assemblée nationale.

Le gouvernement a mis en avant la nécessité de réduire le déficit public pour justifier cette mesure.

Jacques Mézard, ministre de la Cohésion des territoires, a insisté dimanche dans Le Parisien sur le fait que le gouvernement n'avait "pas le choix", puisque le "trou" laissé par le gouvernement entre ses prévisions et la réalité est selon lui de 9 milliards d'euros en 2017.

Le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, a regretté lundi que l'effort budgétaire soit fait "toujours sur le dos des plus démunis".

Les associations d'aides aux plus pauvres ont aussi dénoncé cette mesure.

Pour Louis Gallois, président de la Fédération des acteurs de la solidarité qui regroupe 850 associations et organismes, cette mesure est "aveugle" car elle touche tous les allocataires de la même manière.

"Pour une personne qui touche le revenu de solidarité active (RSA), 5 euros en moins par mois, c’est significatif", a-t-il dit au Monde.

Du côté de la majorité présidentielle, on met en avant un choix pas pris "de gaieté de coeur".

"La situation financière de l'Etat, si on veut tenir nos engagements européens, nous oblige à trouver des baisses", s'est justifié le porte-parole du groupe La République en marche à l'Assemblée Stanislas Guerini, sur franceinfo. (Cyril Camu, édité par Sophie Louet)

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