23 juillet 2017 / 14:21 / dans 2 mois

Le gouvernement "ment" sur les aides publiques au logement-Eckert

* Le gouvernement assure qu‘il n‘a pas le choix

* “Ces histoires (...) commencent à bien faire”, répond Eckert

* Syndicats étudiants et politiques montent au front

PARIS, 23 juillet (Reuters) - L‘ancien secrétaire d‘Etat au Budget, Christian Eckert, a démenti dimanche que la décision du gouvernement de baisser les aides publiques au logement (APL), qui provoque une levée de boucliers des politiques et des étudiants, soit une application des décisions prises pendant le quinquennat Hollande.

“Le gouvernement ment !”, a-t-il écrit sur Twitter. “Baisser les APL de 60 euros par an pour tous les allocataires, c‘est leur décision, pas celle du gouvernement d‘avant.”

La baisse de l‘APL avait été annoncée dans le discours de politique générale du Premier ministre Edouard Philippe, le 4 juillet dernier, et confirmée lors d‘une audition le 12 juillet de Bruno Le Maire, ministre de l‘Economie, et de Gérald Darmanin, ministre de l‘Action et des Comptes publics, par la commission des finances de l‘Assemblée nationale.

Gérald Darmanin faisait référence à un décret paru le 16 octobre dernier au Journal officiel.

Ce texte traduisait la volonté de l‘ancien gouvernement de prendre en compte le patrimoine dans le calcul de l‘allocation. François Hollande souhaitait supprimer les APL pour les foyers disposant d‘un patrimoine supérieur à 30.000 euros. Cette aide rapporte en moyenne 225 euros aux foyers bénéficiaires.

Dans Le Parisien de dimanche, le ministre de la Cohésion des Territoires, Jacques Mézard, explique que “c‘est une mesure qui découle du fait que le projet de loi de finances (PLF) 2017 avait été sous-doté car le précédent gouvernement avait prévu, sans l‘annoncer, une baisse du montant de ces aides de 140 millions d‘euros dans le budget. Sauf qu‘ils nous ont laissé la faire. Et aujourd‘hui, nous n‘avons d‘autre solution que de la mettre en oeuvre pour combler ce trou”.

Jacques Mézard ajoute que le gouvernement n‘a “pas le choix”, puisque le “trou” laissé par le gouvernement entre ses prévisions et la réalité est de 9 milliards d‘euros en 2017 et que les aides au logement ont pour “effet pervers de faire augmenter les loyers, au plus grand bénéfice des propriétaires”.

Il ajoute qu‘il n‘a jamais été question de supprimer les aides au logement, qui représentent plus de 18 milliards.

RÉVOLTANT, DIT HAMON

Dans les colonnes du Parisien de dimanche, Christian Eckert contredit Jacques Mézard et affirme que le précédent gouvernement n‘a jamais envisagé” un baisse des APL, même s‘il reconnaît qu‘elles “font augmenter les loyers”.

“Cette mesure nous avait été proposée par l‘administration, au milieu d‘une quarantaine d‘autres qui chacune pouvait faire économiser 10, 20, 50 ou 100 millions d‘euros”, dit-il.

“A chaque changement de gouvernement, à chaque changement de ministre, il se passe le même scénario : la direction du Budget présente une liste de mesures que l‘on appelle ‘le musée des horreurs’, des mesures généralement refusées par les prédécesseurs et qu‘elle essaye de replacer...”

L‘ancien secrétaire d‘Etat s‘en prend au nouveau gouvernement qui, selon lui, met ses mesures sur le dos de son prédécesseur au nom de la lutte contre les déficits.

“Ces histoires de trous budgétaires commencent à bien faire”, dit-il. “Une loi de finances, ce sont des prévisions de dépenses et de recettes qui s‘ajustent toujours en cours d‘année, jusqu‘en décembre”.

Il reste que l‘annonce a ulcéré les syndicats étudiants, le principal d‘entre eux, l‘Unef, ayant lancé une pétition en ligne pour obtenir le retrait de la mesure.

“Dans un contexte où un étudiant sur quatre vit sous le seuil de pauvreté, le logement représente plus de la moitié du budget mensuel d’un étudiant”, souligne un autre syndicat étudiant, la Fage, qui “ne peut tolérer que l’on continue de précariser la jeunesse sous couvert de ‘mesures d’économies’”.

Dans la classe politique, l‘opposition est large.

“Baisse des APL perçues par les plus modestes et réduction de l‘ISF payé par les plus riches. C‘est révoltant”, écrit sur son compte Twitter l‘ancien candidat socialiste à la présidentielle, Benoît Hamon.

“Privé d’#APL et tiré au sort pour entrer à l‘université, il ne fait pas bon être étudiant sous #Macron...”, rénchérit le député Les Républicains Pierre-Henri Dumont.

Le vice-président du Front national, Florian Philippot, fait lui aussi le parallèle entre la baisse des APL et celle, programmée, de l‘impôt de solidarité sur la fortune : “Guinness des records de l‘injustice !” écrit-il sur Twitter.

Yves Clarisse

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