4 avril 2017 / 11:08 / dans 6 mois

LEAD 1-Des syndicats de chauffeurs VTC appellent au boycott d'Uber

* Ils dénoncent la politique tarifaire de la plateforme

* Uber “tient ses engagements”, souhaite poursuivre le dialogue

* Rencontre entre Vidalies et le patron d‘Uber Europe de l‘Ouest (actualisé avec porte-parole Uber)

PARIS, 4 avril (Reuters) - Trois syndicats de chauffeurs VTC ont lancé mardi une pétition et appelé les clients d‘Uber à boycotter la plateforme américaine de réservation de voitures afin de provoquer “un sursaut de conscience” de la société à l‘heure où les négociations de sortie de crise sont dans l‘impasse.

Les associations et syndicats de VTC (voitures de transport avec chauffeurs) dénoncent depuis plusieurs mois la politique tarifaire des plateformes numériques avec lesquelles ils collaborent, au premier rang desquelles Uber.

“Lorsqu‘un client utilise les services d‘Uber, il valide un modèle économique ne permettant pas aux chauffeurs de gagner leur vie sans une durée du travail démesurée mettant en danger les chauffeurs et leurs clients”, écrit l‘intersyndicale (CFDT VTC/Loti – ACTIF VTC – UDCF) dans un communiqué.

“Chaque citoyen est appelé à signer cette pétition et à boycotter la plateforme Uber tant que cette société n’aura pas, par une négociation, répondu aux revendications des chauffeurs, afin qu’ils puissent gagner dignement leur vie”, ajoute-t-elle.

Les VTC visent Uber, qui a annoncé en décembre sous la pression la création d‘un fonds de deux millions d‘euros destiné à aider les chauffeurs en difficulté tout en refusant de baisser ses commissions de 25 à 20%.

Face à une série de manifestations et d‘actions coups-de-poings, un médiateur, Jacques Rapoport, a été nommé par le gouvernement pour tenter de débloquer la situation.

Mais pour l‘intersyndicale, “l’immaturité” de la plateforme Uber n’a “permis aucune avancée concrète pour les chauffeurs”.

“Les décisions prises unilatéralement par Uber, qu’elles concernent les tarifications appliquées mais aussi le processus de déconnexion, ont propulsé le client comme l‘acteur exclusif et dominant d’une économie se jouant à trois”, estime-t-elle.

PRUDENCE

A l‘issue d‘une rencontre mardi matin entre le secrétaire d‘Etat aux Transports Alain Vidalies et le directeur Europe de l‘Ouest d‘Uber, Thibaud Simphal, la société américaine a assuré que les engagements pris au terme de la médiation étaient et seraient tenus.

“Nous voulons continuer les discussions sur les leviers susceptibles de soutenir le revenu des chauffeurs”, a dit un porte-parole dans une déclaration transmise à Reuters.

“Nous apporterons notre contribution à toute réflexion technique et juridique sur la question des tarifs”, a-t-il ajouté. “Mais rappelons que tout changement sur les prix ne pourra être fait qu‘avec une grande prudence, car s‘il a pour conséquence que les passagers se détournent de l’offre, les dizaines de milliers de chauffeurs qui utilisent la plateforme pour gagner leur vie seront les premiers perdants”.

Concernant spécifiquement le dispositif d‘urgence mis en place pour apporter une aide professionnelle, technique et financière aux chauffeurs en difficulté, les “choses avancent”, souligne également le groupe, et il devrait être ouvert “très prochainement” à l’ensemble des chauffeurs utilisant l‘application. (Marine Pennetier, édité par Yann Le Guernigou)

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