22 mars 2017 / 11:18 / dans 6 mois

Le protectionnisme peut accroître les déficits, dit la BCE

FRANCFORT, 22 mars (Reuters) - Les mesures protectionnistes sont davantage susceptibles d‘augmenter le déficit commercial d‘un pays plutôt que de le réduire, estime la Banque centrale européenne (BCE) dans une étude publiée mercredi, quelques jours seulement après le communiqué du G20 Finances qui ne comprend plus l‘engagement de lutter contre le protectionnisme.

Soucieuse de réduire l‘important déficit commercial des Etats-Unis, la nouvelle administration de Donald Trump a fait du protectionnisme un des principaux axes de sa politique économique.

La Maison Blanche souhaite ainsi revoir certains traités commerciaux avec des partenaires de premier plan comme l‘Allemagne et la Chine qui exportent davantage vers les Etats-Unis qu‘ils n‘importent.

Les Etats-Unis se sont déjà retirés du Partenariat transpacifique (TPP) et menacent de faire de même avec l‘Accord de libre-échange nord-américain (Aléna). Leur position sur les échanges commerciaux a empêché le week-end dernier d‘aboutir à un consensus lors de la réunion des ministres des Finances et banquiers centraux du G20.

Mais pour les auteurs de l‘étude publiée dans le Bulletin économique de la BCE, c‘est la démarche inverse que les Etats-Unis devraient adopter pour réduire leur déficit.

Selon leurs conclusions, la libéralisation du commerce mondial et l‘importation de produits intermédiaires moins chers améliorent la compétitivité, aidant en cela les entreprises à conserver leur avance sur les concurrents internationaux et à relancer les exportations du pays.

“L‘adoption de politiques qui facilitent l‘innovation et réduisent les barrières protectionnistes peut contribuer à améliorer la compétitivité d‘une économie”, écrivent-ils.

“Les initiatives multilatérales visant à libéraliser le commerce et les paiements peuvent également réduire les déséquilibres extérieurs d‘une économie”, ajoutent-ils.

“La participation à la chaîne de valeur mondiale peut donner à une économie un avantage compétitif temporaire qui se traduit - afin de lisser la consommation dans le temps - par une augmentation de son solde courant”, énumère encore la BCE.

Cet avantage ne serait théoriquement que temporaire, puisque le pays concerné attendrait que d‘autres libéralisent à leur tour leurs échanges pour restaurer leur compétitivité.

“En conséquence, afin de lisser la consommation dans la durée, une partie des surplus de revenu engrangés dans l‘économie domestique serait épargnée, ce qui améliorerait la balance des comptes courants”, explique-t-elle.

A l‘inverse, les comptes courants viendraient à se détériorer si ces surplus étaient perçus comme étant permanents, car alors la consommation et les importations augmenteraient. (Balazs Koranyi, Claude Chendjou pour le service français, édité par Véronique Tison)

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