21 mars 2017 / 12:56 / dans 9 mois

Le fonds norvégien moins rentable avec ses critères éthiques

par Gwladys Fouche

OSLO, 21 mars (Reuters) - Le rendement du fonds souverain norvégien, le plus important du monde avec 915 milliards de dollars (847 milliards d‘euros), a baissé au cours de la dernière décennie en raison des considérations éthiques et environnementales qui l‘ont amené à céder certaines participations, montre un rapport publié mardi.

Son directeur général, Yngve Slyngstad, a néanmoins dit à Reuters que le fonds allait continuer à financer à l‘avenir certains types d‘investissements dits “verts” car ils étaient jugés attractifs.

Le fonds a investi les revenus de l‘industrie pétrolière et gazière norvégienne dans près de 9.000 entreprises à travers le monde mais aussi sur le marché obligataire et dans l‘immobilier.

La législation norvégienne lui interdit notamment d‘investir dans des entreprises fabriquant des armes nucléaires ou des mines ou qui sont impliquées dans des violations graves et systématiques des droits de l‘homme.

Son rendement a reculé de 1,11 point de pourcentage entre 2006 et 2016, ce qui représente environ 12 milliards de couronnes (1,61 milliard d‘euros), a précisé Yngve Slyngstad. Ce dernier ne souhaite pas cependant que le fonds soit à nouveau autorisé à effectuer des investissements qui lui sont désormais interdits.

“Il y a un large consensus en Norvège sur le fait que le fonds ne devrait pas gagner de l‘argent auprès des entreprises qui prennent la vie des gens”, a-t-il expliqué à la presse.

Cette interdiction sur des critères éthiques concerne 65 entreprises, sur la base de la recommandation du Comité de déontologie éthique du fonds. Soixante-neuf autres sont exclues directement par le fonds en raison de leur dépendance à l‘égard du charbon thermique.

La perte la plus importante (1,16 point de pourcentage) a été réalisée par l‘absence d‘investissement dans les producteurs de tabac, suivie par les fabricants d‘armes spéciales, comme les armes nucléaires, les armes à sous-munitions et les mines terrestres antipersonnel.

Certaines cessions ont toutefois été fructueuses. En cédant des participations dans des entreprises qui causent des dommages environnementaux importants, comme par exemple certaines sociétés minières ou d‘exploitation des forêts tropicales, le fonds a gagné 0,78 point de pourcentage de plus que s‘il avait conservé ses investissements dans ces entreprises.

Pour Yngve Slyngstad, le fonds mettra l‘accent à l‘avenir sur deux types d‘investissements “verts”: la gestion des ressources naturelles, comme celle des déchets, et la technologie environnementale, notamment celle des batteries pour les voitures.

“Ces deux projets sont probablement plus intéressants pour nous et nous cherchons toujours plus de gestionnaires externes (pour s‘occuper de ces investissements)”, a-t-il dit, ajoutant que la gestion des ressources naturelles en particulier avait obtenu de “très bons” résultats. (Claude Chendjou pour le service français, édité par Bertrand Boucey)

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below