20 mars 2017 / 10:54 / il y a 6 mois

Les "sages" allemands rejettent les critiques contre l'excédent courant

20 mars (Reuters) - Le comité des conseillers économiques du gouvernement allemand a rejeté lundi les critiques étrangères visant de l‘excédent des comptes courants du pays, ajoutant que la posture protectionniste du président américain Donald Trump représentait une menace pour l‘économie mondiale.

“L‘excédent courant allemand est élevé, mais il n‘est pas le reflet d‘un déséquilibre macroéconomique”, a dit Christophe Schmidt, président de ce comité de “sages”.

Fin janvier, l‘institut Ifo a dit que l‘excédent des comptes courants allemands avait vraisemblablement inscrit un nouveau record en 2016 à 297 milliards de dollars (276 milliards d‘euros), dépassant ainsi celui de la Chine pour devenir le plus élevé au monde.

Un tel montant équivaudrait à 8,6% du produit intérieur brut (PIB) et dépasserait donc largement le plafond de 6% recommandé par la Commission européenne.

Cette dernière, ainsi que le Fonds monétaire international (FMI), ont à de multiples reprises ces dernières années appelé l‘Allemagne à profiter de la faiblesse des taux d‘intérêt pour augmenter ses investissements afin de réduire son excédent courant et celui de sa balance commerciale.

Pour Christoph Schmidt, le président du comité, il est mal avisé d‘exiger une hausse des investissements publics allemands et le gouvernement devrait plutôt tâcher de faire du pays une destination plus attrayante pour les investisseurs privés, ce qui contribuerait à terme à la diminution de l‘excédent courant.

Les “sages” estiment par ailleurs que “les mesures protectionnistes exigées par le président Trump font planer une menace sur le système de commerce international et un risque sur l‘économie mondiale”.

Les ministres des Finances et banquiers centraux des pays du G20 réunis vendredi et samedi en Allemagne n‘ont pas pu, à cause des Etats-Unis, dégager une position commune sur le protectionnisme et le commerce international.

Pour les “sages” allemands, la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) est “trop expansionniste” au vu des développements économiques dans la zone euro, ce qui se traduit par la poursuite de la montée des risques pesant sur la stabilité financière.

“La BCE devrait de ce fait commencer à dénouer son programme de rachats d‘actifs aussi tôt que possible.”

Le comité a par ailleurs revu en légère hausse, de 0,1 point de pourcentage, à 1,4%, sa prévision de croissance pour cette année. Ajusté du nombre de jours ouvrables, la projection est de 1,7%.

Pour 2018, les “sages” tablent sur une hausse de 1,6% du produit intérieur brut (PIB) de la première économie européenne, qui a connu en 2016 une croissance de 1,9%, sa meilleure performance en cinq ans. (Michael Nienaber, Benoit Van Overstraeten pour le service français, édité par Marc Angrand)

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