17 mars 2017 / 15:34 / dans 6 mois

Le gouvernement italien supprime les chèques emploi service

ROME, 17 mars (Reuters) - Le gouvernement italien a annoncé vendredi l‘abrogation du système des chèques emploi service, qui était très populaire parmi le patronat mais rejeté par la Confédération générale italienne du travail (CGIL), le principal syndicat de salariés du pays.

Introduits en 2008 à titre expérimental pour limiter le travail au noir des travailleurs agricoles saisonniers, ces chèques emploi service ont connu un essor considérable dans d‘autres secteurs d‘activité au grand dam de la CGIL.

Les salariés payés en chèque emploi service reçoivent 7,5 euros pour chaque chèque de 10 euros, les 2,50 euros restant étant prélevés par l‘Etat au titre des cotisations sociales.

Hostile à ce système de rémunération ne donnant droit ni à des jours d‘arrêt maladie, ni à des vacances et qui a donné lieu à des abus, la confédération syndicale avait obtenu par pétition l‘organisation d‘un référendum sur ce système qui devait se tenir le 28 mai prochain.

Mais, échaudé par l‘échec du référendum constitutionnel du 4 décembre qui a entraîné la démission de Matteo Renzi, son successeur a préféré arrêté les frais. “Nous avons agi ainsi en sachant que l‘Italie n‘a pas besoin d‘une campagne électorale sur ces thèmes dans les mois à venir”, a déclaré à la presse le président du Conseil, Paolo Gentiloni.

Il a précisé que la suppression des chèques emploi service entrait immédiatement en application.

Gentiloni a ajouté qu‘il allait ouvrir un dialogue social pour tenter de trouver un autre système. Il propose notamment d‘encadrer l‘utilisation des chèques emploi service en limitant leur usage aux très petites entreprises et en plafonnant à 5.000 euros, contre 7.000 euros actuellement, le montant susceptible d‘être encaissé par ce biais par un seul salarié.

La CGIL s‘est félicitée de ce “grand succès”. Le patronat et la droite ont dénoncé une décision qui, disent-ils, vont faire replonger des pans entiers de l‘économie italienne dans le travail au noir.

“Cette histoire est un important cas d‘école de ce qu‘est la politique moderne en Italie et confirme nos plus grandes peurs sur l‘avenir tant de l‘Italie que de la zone euro”, s‘est ému le centre d‘études et de recherche Eurointelligence, qui voit dans ce renoncement la preuve de l‘impossibilité de réformer l‘Italie. (Crispian Balmer et Massimiliano Di Giorgio; Nicolas Delame et Henri-Pierre André pour le service français)

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