8 mars 2017 / 15:48 / dans 7 mois

LEAD 1-GB-Hammond présente un budget prudent pour le Brexit

* Prévision de croissance relevée pour 2017, abaissée ensuite

* Hammond poursuit le cap de la réduction des déficits

* Baisse des besoins d‘emprunt cette année

* Les dépenses sociales en hausse de £2 mds (Actualisé avec précisions, citation, contexte)

par William Schomberg et David Milliken

LONDRES, 8 mars (Reuters) - L‘économie britannique subira l‘impact du Brexit dans les prochaines années après une période initiale de résilience, a averti mercredi le ministre des Finances Philip Hammond en présentant le premier budget du Royaume-Uni depuis le vote en faveur de la sortie de l‘Union européenne.

Alors que le gouvernement de Theresa May s‘apprête à activer la procédure de divorce avec l‘UE, l‘économie a jusqu‘ici “continué de déjouer les pronostics” en résistant au choc du référendum de juin dernier, a relevé Philip Hammond en voulant y voir un signe positif pour les négociations à venir.

La croissance devrait maintenant atteindre 2,0% en 2017, un chiffre en forte hausse par rapport à la dernière estimation de 1,4% en novembre, selon l‘Office for Budget Responsibility (OBR), organisme indépendant qui détermine le cadre macro-économique du budget.

Mais l‘OBR a réduit à l‘inverse ses prévisions pour les trois années suivantes, à respectivement 1,6% en 2018, 1,7% en 2019 et 1,9% en 2020.

Philip Hammond a affirmé qu‘il ne se laisserait pas distraire de son objectif de réduire le déficit budgétaire avec en point de mire un budget à l‘équilibre avant 2025.

“La seule trajectoire d‘action responsable (...) est de poursuivre notre plan sans se laisser décourager par des fluctuations à court terme”, a-t-il déclaré au Parlement. “Nous n‘imposerons pas à nos enfants le fardeau d‘une dette toujours plus lourde.”

Le ministre qui dit refuser les artifices comptables a au contraire annoncé sa volonté de créer un fonds de réserve dans le cas de lendemains difficiles après le Brexit.

Il a aussi promis une hausse de deux milliards de livres (2,3 milliards d‘euros) des dépenses sociales sur les trois prochaines années, cherchant ainsi à donner un coup de pouce aux services publics mis à mal par les baisses de dotations des années précédentes.

Ces nouveaux engagements sont financés par le projet de budget et ne viendront donc pas gonfler les besoins d‘emprunt, a-t-il assuré.

Soucieux de relever le défi d‘une taxation correcte des bataillons croissants de travailleurs indépendants, Philip Hammond a annoncé que ceux-ci verraient leurs cotisations sociales augmentées. Parallèlement, il sera plus difficile pour les patrons de très petites entreprises de se verser des dividendes exonérés d‘impôt.

EFFET D‘AUBAINE DE 2017

Le vote en faveur du Brexit, qui aura pour effet de couper le Royaume-Uni d‘un marché qui absorbe actuellement la moitié de ses exportations, n‘a pas eu sur l‘économie l‘effet désastreux que beaucoup annonçaient.

Les ménages ont au contraire continué de consommer et la dépréciation de la livre a favorisé l‘export et l‘afflux de touristes, permettant au produit intérieur brut de gagner 1,8% sur l‘ensemble de 2016, la deuxième plus forte croissance du G7 derrière l‘Allemagne.

La hausse de l‘inflation consécutive à la chute de la livre commence toutefois à rogner le pouvoir d‘achat des ménages et la promesse de Theresa May d‘activer l‘Article 50 du traité européen avant la fin mars pourrait entraîner une prudence des entreprises dans leurs projets d‘investissement.

Pour 2017, les hypothèses budgétaires restent optimistes.

La croissance plus forte que prévu depuis le mois de juin devrait permettre au déficit budgétaire de l‘exercice en cours de diminuer à 51,7 milliards de livres (59,5 milliards d‘euros) au lieu des 68,2 milliards qui étaient anticipés en novembre.

Entre l‘exercice actuel clos fin mars et l‘exercice 2020/2021, les besoins d‘emprunt seront inférieurs de 23,5 milliards de livres à ce qui était projeté en novembre.

Mais une bonne part de cette amélioration tient au surcroît de croissance des derniers mois, ce qui donne une mesure des difficultés à venir.

Les finances publiques seront toujours en déficit en 2021/2022, à la fin de l‘horizon des prévisions de l‘OBR, alors que George Osborne, le prédécesseur de Hammond, visait un excédent budgétaire d‘ici l‘exercice 2019/2020. (Véronique Tison pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)

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