6 mars 2017 / 15:59 / il y a 8 mois

Les valeurs bancaires retrouvent les faveurs des hedge funds

LONDRES/BOSTON, 6 mars (Reuters) - Les fonds spéculatifs retrouvent de l‘appétit pour les valeurs bancaires, après s‘en être largement détournés ces dernières années en raison de la baisse de la rentabilité des banques due à la faiblesse des taux d‘intérêt et de l‘opacité de leur bilan.

L‘élection de Donald Trump à la Maison Blanche a déjà poussé certains fonds spéculatifs à revenir sur les actions des groupes bancaires, pariant sur une dérégulation à venir et la hausse des taux d‘intérêt aux Etats-Unis.

Selon une étude de Goldman Sachs, cinq banques figurent parmi les 50 valeurs les plus couramment présentes dans les dix titres les plus détenus par les fonds spéculatifs depuis le début de l‘année, soit la proportion la plus élevée depuis 2013.

Parmi ces cinq valeurs bancaires, on retrouve Bank of America, JPMorgan Chase & Co, Wells Fargo , Citigroup et Citizen Financial Group.

L‘appétit des investisseurs institutionnels à travers le monde pour les fonds spéculatifs achetant des valeurs bancaires a atteint en janvier son plus haut niveau depuis 1999, selon des des données préliminaires fournies par Blue Lion Research.

Beaucoup de gérants favorisent les valeurs bancaires américaines, mais certains fonds spéculatifs s‘intéressent aussi aux banques européennes, en dépit des difficultés persistantes de certaines d‘entre elles depuis la crise de 2008 et des incertitudes liées aux échéances électorales dans la région.

“Les banques européennes se paient environ la moitié de la valorisation des banques américaines et je pense que le risque politique est surévalué”, fait valoir un gérant de fonds spéculatif basé à Londres, qui a commencé à ajouter des banques européennes à son portefeuille d‘investissement en janvier.

“Une de nos positions les plus longues est Credit Suisse”, renchérit Lars Franstedt, responsable de la stratégie d‘investissement chez Madrague Capital Partners. De son côté, Said Haidar, directeur des investissements chez Haidar Capital Management, juge également bon marché la valorisation des banques européennes.

La faiblesse des taux d‘intérêt en Europe - qui sont tombés en territoire négatif pour certains - a compliqué la tâche des banques pour dégager des profits sur les dépôts, ce qui a pesé sur leurs cours de Bourse et maintenu à l‘écart beaucoup de fonds spéculatifs.

Mais la rentabilité des banques pourrait s‘améliorer avec le resserrement monétaire en cours aux Etats-Unis et la perspective d‘une hausse des taux en Europe à plus long terme.

“En Europe (...), la fin des mesures d‘assouplissement monétaire suivie d‘une hausse des taux à la fin 2018 ou au début 2019 devrait soutenir les résultats”, estime Said Haidar.

Chez Wellington Management, le fonds Bay Pond Partners, qui se concentre sur le secteur financier en général, a profité d‘un fort mouvement sur les valeurs bancaires.

Après avoir perdu 7,1% en 2016, le fonds affiche un gain de 6,4% depuis janvier, selon plusieurs sources familières des performances du fonds.

Les représentants officiels du fonds n‘ont pas souhaité faire de commentaires.

Dans une note adressée mercredi aux investisseurs, le gérant américain Dan Loeb a indiqué pour sa part s‘être renforcé sur les banques, qui représentent désormais 11,8% de son portefeuille de 15 milliards de dollars. Cette proportion n‘était que de 4,4% début novembre.

Maiya Keidan et Svea Herbst-Bayliss, Blandine Hénault pour le service français, édité par Véronique Tison

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