8 février 2017 / 12:31 / dans 7 mois

Brexit-Les charges plombent l'attrait de Paris-Morgan Stanley

PARIS, 8 février (Reuters) - Le niveau des charges sociales patronales en France est à même de dissuader les dirigeants de Wall Street de transférer de Londres à Paris les activités qui ne pourront plus être exercées à partir de la City après le Brexit, a déclaré mercredi le directeur général de Morgan Stanley.

“Ce qui nous handicape c‘est les charges sociales, voilà, et ça c‘est colossal”, a estimé René Proglio lors d‘une audition organisée par la commission des Finances du Sénat sur le thème de la compétitivité de la place financière de Paris.

La sortie de la Grande Bretagne de l‘Union européenne (UE) devrait entraîner sa perte du “passeport européen”, qui assure l‘accès aux marchés de l‘Union.

Si Dublin, Amsterdam ou Milan sont aussi en lice pour attirer les sociétés financières de la City, Francfort est le concurrent le plus sérieux de Paris en tant que grande place financière internationale, a estimé le banquier.

“Quand vous regardez les charges sociales patronales, que vous faites un étalonnage entre Francfort et Paris, que vous voyez les écarts, vous comprenez qu‘on a un très, très, très gros problème”, a fait valoir devant les parlementaires le frère jumeau de Henri Proglio, l‘ancien patron d‘EDF.

Le dirigeant de Morgan Stanley a précisé que ce sont les charges sociales à la charge de l‘employeur qui constituent un problème, et non pas celle payées par le salarié et qui sont elles peu susceptibles “de faire frémir les gens à Wall Street”.

LICENCIEMENT, L‘ALLEMAGNE EST PIRE QUE LA FRANCE

Pour cette raison, les efforts consentis par le gouvernement français pour augmenter les exonérations fiscales destinées aux impatriés (Français ou résidents étrangers s‘installant en France) pourraient ne pas suffire à convaincre des managers américains, dont la priorité est de défendre les intérêts de leurs actionnaires, a dit René Proglio.

Pour ce dernier, les rigidités du droit du travail français, identifiées par d‘autres institutions financières internationales comme un désavantage de la Place de Paris, ne constituent quant à elles pas un handicap face à Francfort.

“Très franchement quand vous regardez l‘Allemagne, le système de licenciement en Allemagne est pire qu‘en France”, a jugé René Proglio.

Michel Sapin a rejeté fin octobre l‘idée d‘un statut spécial pour les cadres supérieurs des entreprises financières, défendue par Paris Europlace, pour convaincre les banques établies à Londres d‘installer des équipes à Paris.

Selon des sources précédemment interrogées par Reuters, Morgan Stanley, dont la majeure partie des équipes européennes sont basées en Grande-Bretagne, devra déménager jusqu‘à 1.000 postes dans les ventes, le trading, la gestion du risque, le juridique et la conformité, tout en réduisant la taille de son “back office” au profit d‘autres pays de l‘UE.

Pour l‘heure, la banque HSBC est la seule grande institution à avoir annoncé son intention de déplacer en importance du personnel à Paris.

Les établissements financiers basés à Londres estiment souvent pour l‘heure qu‘il est encore impossible d‘évaluer les conséquences juridiques du Brexit et préfèrent également attendre le verdict des échéances électorales en Allemagne et en France cette année avant de se décider. (Julien Ponthus, édité par Matthieu Protard)

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