1 février 2017 / 17:16 / dans 10 mois

GRAPHES-Les marchés sont passés de l'hypercorrélation au grand écart

* L‘indice de corrélation Morgan Stanley à un plus bas de 14 ans:

* reut.rs/2jqbBLe

* Les corrélations géographiques, entre actifs en forte baisse

* Des stratégies de couverture à revoir

par Dhara Ranasinghe et Vikram Subhedar

LONDRES, 1er février (Reuters) - Les prix des actifs financiers n‘ont jamais aussi peu évolué en phase les uns avec les autres depuis plus d‘une décennie avec la divergence croissante des trajectoires économiques, des politiques monétaires et la montée du risque politique à travers le monde.

Les politiques monétaires ultra-accommodantes mises en oeuvre par les banques centrales après la crise financière de 2008 avaient propulsé les corrélations entre les classes d‘actifs à des plus hauts record, ce qui se traduisait notamment par une évolution en phase des cours des actions et des obligations que l‘environnement de marché soit “risk-on” ou “risk-off”.

Maintenant que la Réserve fédérale américaine a annoncé qu‘elle allait poursuivre le relèvement de ses taux directeurs alors que les autres grandes banques centrales conservent un biais accommodant, ces corrélations se sont rompues.

L‘absence de corrélation entre les prix des actifs est cruciale pour les investisseurs qui cherchent à ne pas mettre tous leurs oeufs dans le même panier et souhaitent éviter d‘investir dans des actifs dont les cours chuteront tous en même temps, préférant pouvoir compenser les pertes sur certains actifs par des gains sur d‘autres.

Morgan Stanley explique cette rupture dans les corrélations par un facteur supplémentaire : la confiance dans la reprise mondiale réduit le risque de mouvements de panique simultanés sur les marchés. Les situations propres à différentes classes d‘actifs ou à des zones géographiques voire à des pays spécifiques prennent désormais le dessus sur des questions binaires, du type va-t-il ou non y avoir une récession.

L‘indice de corrélation mondiale calculé par la banque d‘investissement est ainsi tombé à 20%, au plus bas depuis 2003.

Graphique sur l'indice de corrélation de Morgan Stanley depuis 2003 : reut.rs/2jqbBLe

L‘indice mesure les corrélations entre les cours des devises, les spreads obligataires et les grands indices boursiers mondiaux. Il prend aussi en compte les corrélations entre zones géographiques.

“En seulement quatre mois, nous sommes passés d‘une situation avec des liens inhabituellement étroits entre les différents marchés à une situation de divergence non moins inhabituelle des rendements”, écrit Morgan Stanley dans une note.

La banque ajoute qu‘en conséquence les stratégies de couverture qui ont fonctionné au cours des dernières années peuvent ne plus se révéler efficaces.

Si les investisseurs pensaient pouvoir se protéger contre le risque d‘une dégradation de la situation économique voire d‘une récession au sein de la zone euro en achetant de manière indifférenciée des obligations ou des actions comptant sur une intervention de la BCE, ce n‘est plus le cas.

Pour Cosimo Marasciulo, responsable de la gestion obligataire de Pioneer Investments, l‘effondrement des corrélations montre que les actions des banques centrales ne déterminent plus les prix des actifs alors que les investisseurs se focalisent moins sur les politiques monétaires que sur les politiques budgétaires.

“Cela couplé avec un environnement politique de plus en plus incertain, signifie que le risque propre à une situation particulière a augmenté”, écrit-il dans une note faisant notamment référence à des événements comme l‘élection présidentielle à venir en France ou la décision de la Cour suprême britannique sur l‘intervention du Parlement dans le processus du Brexit.

Le marché obligataire est l‘un de ceux où la divergence géographique joue à plein depuis l‘élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis, qui s‘est accompagnée d‘une hausse des taux avec le thème de la “reflation” lié aux promesses de relance budgétaire du nouveau locataire de la Maison blanche.

Les rendements obligataires ont aussi augmenté en Europe mais de manière plus limitée en raison de la poursuite du programme d‘achats d‘actifs de la BCE et de la demande pour les obligations d‘Etat allemandes comme instrument de couverture face à la montée du risque politique en France et en Italie.

La corrélation entre les rendements à 10 ans aux Etats-Unis et ceux de même échéance en Allemagne a ainsi été pratiquement divisée par deux par rapport à son niveau du début 2016.

Marc Joanny pour le service français, édité par Véronique Tison

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