31 janvier 2017 / 11:19 / il y a 10 mois

LEAD 1-France-La croissance a marqué le pas en 2016 malgré un rebond au T4

* La France a fait moins bien que la zone euro en 2016
    * Sapin insiste sur les créations d'emploi et la dynamique
du T4
    * Le plus fort impact négatif du commerce extérieur depuis
1987
    * Un début 2017 mieux orienté

 (avec nouvelles déclarations de Sapin, commentaire
d'économistes)
    par Yann Le Guernigou
    PARIS, 31 janvier (Reuters) - La croissance de l'économie
française a accéléré au quatrième trimestre, insuffisamment pour
que 2016 s'achève sur une meilleure note que 2015 mais avec des
éléments positifs en termes de consommation et d'investissement
qui augurent d'un début d'année 2017 solide.
    L'Insee a fait état mardi d'une hausse de 0,4% du produit
intérieur brut (PIB) du dernier trimestre 2016, en ligne avec
les attentes des économistes.
    L'institut a confirmé dans le même temps le niveau de
croissance du troisième trimestre, +0,2%, ce qui fait que, sur
l'ensemble de l'an passé, le PIB de la France a progressé en
moyenne de 1,1%, après +1,2% en 2015.
    Il ressort ainsi nettement en dessous de la moyenne de la
zone euro, annoncée à 1,7% en première estimation.
Il est aussi en deçà de l'objectif, pourtant revu à la baisse de
1,5% à 1,4% en cours d'année, retenu par le gouvernement et
limite à 0,75% par an la croissance moyenne annuelle sur
l'ensemble du quinquennat.
    Dans une déclaration, le ministre de l'Economie et des
Finances Michel Sapin s'est félicité néanmoins que "2016 se
termine sur une note positive, avec une activité qui accélère
nettement au 4ème trimestre." 
    "Pour la deuxième année consécutive, l'activité économique
aura été dynamique et aura permis de faire reculer le chômage,
tout en réduisant le déficit public", dont le niveau sera connu
en mars, a ajouté le ministre.
    "Avec 1,1% de croissance, nous avons créé beaucoup
d'emplois", a-t-il souligné par la suite sur France Inter en
faisant référence à l'emploi salarié dans les secteurs marchands
qui a augmenté de 178.700 sur les douze mois à fin septembre
2016. 
    La croissance du quatrième trimestre a été portée par la
demande intérieure, qui y a contribué pour 0,6 point.
    La consommation des ménages, atone les deux trimestres
précédents, est franchement repartie (+0,6%).
    
    COMMERCE EXTÉRIEUR EN BERNE
    L'investissement des entreprises a lui aussi rebondi en fin
d'année (+1,3%) et affiche une croissance de 4,3% sur l'ensemble
de 2016. Celui des ménages a dans le même temps accéléré
(+0,9%), une hausse qui reflète le rebond du marché immobilier.
    La contribution de la variation des stocks des entreprises à
la croissance du trimestre a été négative de 0,2 point et celle
du commerce extérieur positive de 0,1 point du fait d'une hausse
des importations moins soutenue (+0,8%) que celle des
exportations (+1,1%).
    Mais sur l'ensemble de l'année 2016, le commerce extérieur,
dont le déficit est reparti nettement en hausse, perturbé
notamment par des retards de livraisons d'Airbus, aura coûté 0,9
point de croissance à l'économie française, soit sa plus
mauvaise performance depuis 1987, précise l'Insee.
    Une étude de l'institut COE-Rexecode publiée cette semaine
montre que la France a encore perdu des parts de marché à
l'exportation l'an passé malgré l'amélioration de la
compétitivité-coût de ses entreprises.
    S'agissant du quatrième trimestre, "l'investissement des
entreprises a été fort et c'est un très bon signal. Les ménages
sont plus dynamiques aussi avec une accélération de la
consommation et de l'investissement logement", relève Philippe
Waechter, chef économiste de Natixis Asset Management.
    "Le repli des stocks est positif car les enquêtes auprès des
chefs d'entreprise sont très positives. Il faudra satisfaire à
la demande et reconstituer les stocks. C'est une bonne nouvelle
pour le début 2017", a-t-il ajouté dans une note.
    Hélène Baudchon, économiste de BNP Paribas, souligne aussi
la composition "robuste" de la croissance de fin d'année qui,
conjuguée aux dernières enquêtes positives de l'Insee sur le
climat des affaires et le moral des ménages,
 augurent bien pour le début de 2017.   
    "Ce sont des éléments de soutien à l'activité solides et qui
pourraient le rester", a-t-elle dit à Reuters.
    Le gouvernement a bâti son budget 2017 sur une hypothèse de
croissance de 1,5% qui s'inscrit elle aussi pour l'instant
nettement au-dessus des attentes des économistes (1,1% dans
l'enquête Reuters publiée ce mois-ci ). 
         
    Le communiqué intégral sur le site de l'Insee : here
    
 Les indicateurs français en temps réel                 
 Les indicateurs de la zone euro en temps réel          
 Le point sur la conjoncture française                  
 
 (Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse)

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