29 janvier 2017 / 07:17 / il y a 10 mois

Le décret de Trump sur l'immigration inquiète la Silicon Valley

par Joseph Menn et Julia Love

SAN FRANCISCO, 29 janvier (Reuters) - Le décret de Donald Trump sur l‘immigration a suscité l‘indignation de plusieurs grands acteurs américains des nouvelles technologies, qui emploient de nombreux étrangers.

La mesure prise vendredi par le nouveau locataire de la Maison blanche, une semaine après son investiture, suspend l‘accueil des réfugiés et des ressortissants de sept pays musulmans.

Parlant d‘une “triste semaine”, Reed Hastings, directeur général de Netflix, a jugé “le moment venu de (se) donner la main pour défendre les valeurs américaines de liberté et d‘opportunité”.

“Ce n‘est pas une politique que nous soutenons”, écrit quant à lui Tim Cook, son homologue d‘Apple, dans une lettre adressée à ses employés.

“Nous avons pris contact avec la Maison blanche pour expliquer ses effets néfastes pour nos collaborateurs et notre entreprise”, poursuit-il, promettant d‘aider les victimes du décret.

Elon Musk, fondateur de Tesla et de SpaceX qui a récemment rencontré Donald Trump, estime sur Twitter que “l‘interdiction générale du territoire pour les citoyens d‘un certain nombre de pays majoritairement musulmans n‘est pas le meilleur moyen de relever les défis” qui se présentent.

“Ne pas autoriser (les ressortissants) de certains pays ou les réfugiés à venir en Amérique n‘est pas correct et nous devons épauler ceux qui sont affectés”, a pour sa part déclaré Brian Chesky, cofondateur et directeur général d‘Airbnb, qui a promis d‘héberger gratuitement les étrangers refoulés.

“IMMORAL ET CONTRAIRE À NOS VALEURS”

Aaron Levie, patron de Box Inc, juge quant à lui le décret sur l‘immigration “immoral et contraire à nos valeurs”.

Alphabet, maison mère de Google, a rappelé d‘urgence les membres de son personnel qui se trouvaient à l‘étranger et a invité ceux qui pourraient être concernés par le décret à ne pas quitter les Etats-Unis.

Une centaine d‘employés en ont déjà été victimes, dit le directeur général, Sundar Pichai, dans un courrier électronique interne, selon un membre de la direction.

Un employé iranien de Google disposant d‘un permis de séjour permanent est parvenu à regagner les Etats-Unis juste avant la décision de Donald Trump, a-t-il ajouté.

“Nous sommes inquiets des conséquences de ce décret et de toute proposition susceptible d‘affecter les Googlers et leurs familles, ou qui pourrait empêcher de grands talents de venir aux Etats-Unis”, dit l‘entreprise dans un communiqué.

Selon Brad Smith, président et directeur juridique de Microsoft, 76 employés de la firme viennent des sept pays concernés par le décret.

“En tant qu‘entreprise, Microsoft croit à une immigration équilibrée et hautement qualifiée (...) Nous croyons à l‘importance de protéger les réfugiés reconnus comme tels et respectueux de la loi dont les vies peuvent être menacées par les procédures d‘immigration”, ajoute-t-il dans un courriel.

Travis Kalanick, patron d‘Uber Technologie, qui fait partie d‘un comité de conseil du président, promet dans un communiqué de dédommager les chauffeurs qui ne pourraient pas regagner les Etats-Unis. Une douzaine seraient selon lui dans ce cas.

“Cette interdiction aura des conséquences pour beaucoup d‘innocents - un problème que j‘évoquerai vendredi quand j‘irai à Washington pour la première réunion du groupe de conseillers business du président Trump”, ajoute-t-il.

Jean-Philippe Lefief pour le service français

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below