25 janvier 2017 / 08:16 / dans 10 mois

LEAD 2-PSA s'allie avec CK Birla pour retourner en Inde

* Absent d‘Inde depuis 1997, PSA y produira à nouveau en 2020

* Il utilisera une usine du groupe Birla

* Investissement initial limité à 100 millions d‘euros

* Capacité du site 100.000 véhicules dans un premier temps

* Marque et positionnement toujours à l‘étude (Actualisé avec conférence de presse, précisions)

par Gilles Guillaume

PARIS, 24 janvier (Reuters) - Le groupe PSA a annoncé mercredi la signature de deux accords de coentreprise avec le conglomérat indien CK Birla lui permettant de retourner, moyennant un investissement initial limité, sur un marché à forte croissance qu‘il a quitté vingt ans plus tôt.

La première coentreprise, détenue majoritairement par PSA, sera formée avec HMFCL (Hindustan Motors Finance Corporation Ltd), société du groupe CK Birla, et s‘occupera de l‘assemblage et de la distribution des voitures du groupe français en Inde à partir de 2020. La deuxième, cette fois à parité avec une autre société de Birla, Avtec, fabriquera des moteurs.

“L‘Inde est centrale dans le plan stratégique de PSA”, a déclaré Carlos Tavares, président du directoire du groupe au cours d‘une conférence de presse. “Ce projet (...) représente une étape majeure dans la croissance rentable du groupe PSA au niveau mondial.”

Pour atteindre le niveau très compétitif des coûts pratiqués en Inde, PSA prévoit aussi un degré élevé d‘intégration locale.

Birla y voit lui une opportunité d‘accélérer l‘intégration de technologies de pointe, notamment en matière de petits moteurs essence, et de créer sur place environ 1.500 emplois.

Le partenariat prévoit un investissement initial limité à quelque 100 millions d‘euros - deux tiers à la charge de PSA, un tiers revenant à Birla - ainsi qu‘une capacité de production d‘environ 100.000 véhicules par an, dans un premier temps, dans l‘Etat de Tamil Nadu, sur la côte sud-est de l‘Inde.

Toujours attaché à sa discipline financière retrouvée, PSA a préféré utiliser un site existant, où Birla produit déjà de petits volumes de 4X4 Mitsubishi Pajero, sans avoir à engager une dépense aussi lourde que pour construire une usine nouvelle.

PSA avait envisagé en 2011 un site flambant neuf dans l‘Etat du Gujarat, moyennant un investissement de 650 millions d‘euros, mais le projet avait été abandonné à cause des graves difficultés financières traversées par le groupe dès l‘année suivante.

Pour rentabiliser son nouvel investissement, PSA compte également vendre ses moteurs fabriqués en Inde à d‘autres constructeurs locaux.

PEUGEOT, CITROËN OU DS ?

Le groupe espère tirer parti à son tour d‘un marché indien prometteur puisqu‘il devrait atteindre huit à dix millions de voitures neuves par an d‘ici à 2025, contre trois millions en 2016, selon des données d‘IHS Markit.

Renault et Nissan, implantés à Chennai, dans le même état, depuis 2010, disposent d‘une capacité de production quatre fois supérieure et surfent actuellement sur le succès du modèle ultra low cost Kwid.

La question du positionnement futur de PSA sur le marché indien, où nombre de constructeurs se sont déjà cassé les temps, sera également cruciale mais n‘a pas encore été tranchée.

“C‘est la raison pour laquelle nous n‘avons pas encore sélectionné la marque que nous allons introduire parce que plusieurs scénarios pourraient être à l‘étude: est-ce que nous entrons sur le marché par le bas, le milieu ou le haut ? Nous évaluons actuellement nos options”, a expliqué Carlos Tavares.

Choisira-t-il Peugeot, avec qui le groupe a mené sa dernière expérience indienne jusqu‘en 1997 ? Citroën, à qui il a fixé d‘ambitieux objectifs de volumes mondiaux ? Ou DS, la marque qui tente de trouver sa place parmi les acteurs du haut de gamme ?

Il est en revanche acquis que la première voiture assemblée en Inde sera un modèle à vocation mondiale basé sur la nouvelle plateforme CMP développée avec Dongfeng pour les véhicules compacts et les citadines.

DOUBLER LES VENTES DANS LA RÉGION

Grâce au renouvellement de sa gamme et à l‘ouverture de nouveaux marchés géographiques pour se diversifier au-delà d‘une Chine devenue plus difficile, PSA vise une croissance de 10% de son chiffre d‘affaires entre 2015 et 2018 et une croissance supplémentaire de 15% d‘ici 2021 dans le cadre de son plan stratégique “Push to pass”.

Le plan stratégique du groupe français, qui a pris le relais en avril 2016 de son plan de redressement financier, prévoit également une marge opérationnelle courante moyenne de 4% pour la division automobile sur la période 2016-2018 et une cible à 6% en 2021.

Lors de la présentation de “Push to pass”, PSA avait souligné que la région Inde-Pacifique constituait une cible prioritaire pour accélérer sa croissance, avec pour objectif un accord de partenariat d‘ici 2018 et les premiers lancements de produits avant la fin 2021.

Selon la presse indienne, PSA a également exploré un rapprochement avec Tata Motors et Mahindra avant de jeter son dévolu sur Birla, un conglomérat valorisé selon lui à 1,6 milliard de dollars.

Au total, PSA veut augmenter ses ventes dans la région de 50% entre 2015 et 2021, alors que celles-ci ont baissé de 16,4% à 19.900 unités en 2016. L‘Inde-Pacifique pesait ainsi moins de 1% des ventes, très loin derrière l‘Europe (61%), l‘Asie (20%) et le Moyen-Orient (12% grâce au retour en Iran). (Avec Aditi Shah à New Delhi, édité par Jean-Michel Bélot)

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