14 janvier 2017 / 12:33 / dans 8 mois

FRANCE 2017-Fillon affirme son autorité face aux "vapeurs" à droite

* Il appelle les sarkozystes à “la discipline”

* Pas de “camomille” dans mon programme, prévient-il

* Appels à l‘unité lors du conseil national de LR

* Wauquiez persiste : “L‘unité n‘est pas l‘uniformité”

par Sophie Louet

PARIS, 14 janvier (Reuters) - François Fillon, confronté à une fronde dans les rangs sarkozystes, a appelé samedi son camp à “la responsabilité” et à “la discipline”, opposant à la “dispersion” et au “calcul” sa détermination à “oser le maximum” pour la présidentielle.

Lors du premier conseil national des Républicains depuis son plébiscite à la primaire, le candidat de la droite et du centre a affirmé sèchement son autorité sur ses troupes et délivré une fin de non-recevoir à ceux des anciens soutiens de Nicolas Sarkozy qui prônent des amendements “sociaux” à son programme libéral pour ne pas s‘aliéner l‘électorat populaire.

“Ce projet, je vais l‘expliquer, je le vais le préciser, l‘enrichir de vos meilleures idées, mais pas de zigzags, pas de camomille. Je m‘appelle François Fillon pas François Hollande”, a-t-il lancé devant 2.500 personnes, selon les organisateurs, rassemblées dans la salle de la Mutualité à Paris.

“Il m‘arrive d‘entendre certains à droite utiliser les mêmes mots que la gauche. Que ma victoire ait pu décevoir certains je puis le concevoir, mais j‘attends de mon parti de la responsabilité et de la discipline”, a-t-il souligné en l‘absence de Nicolas Sarkozy et Alain Juppé, ses deux principaux rivaux pour l‘investiture.

“Nous n‘avons pas d‘autre choix que d‘aller à fond, pas d‘autre alternative que d‘oser le maximum”, a martelé l‘ancien Premier ministre en fustigeant les “demi-mesures” de la gauche.

“Je ne sous-estime pas, a-t-il poursuivi, les efforts de mon plan mais il est raisonnable et totalement tourné vers l‘amélioration de la vie des Français. La souffrance ne fait pas une politique, mais le renoncement pas davantage”.

“Je ne vais pas changer ce que je crois et ce que je veux en fonction des vapeurs des uns et des autres”, a-t-il insisté à l‘intention de Christian Estrosi, absent samedi, et de Laurent Wauquiez, qui a de nouveau fait entendre sa différence après avoir plaidé cette semaine pour le retour aux heures supplémentaires défiscalisées, mesure phare de Nicolas Sarkozy.

“Si on réintroduit la défiscalisation des heures supplémentaires, alors l‘intérêt de négocier un allongement de la durée du travail disparaît”, a justifié François Fillon.

A la tribune, le président d‘Auvergne-Rhône-Alpes avait auparavant invité le candidat à “parler à la France qui travaille”. “Le travail et l‘effort ne sont pas des gros mots”.

“L‘unité n‘est pas l‘uniformité!”, a-t-il lancé. “Que les choses soient claires : François, tu as tout notre soutien”, mais “tu n‘as pas besoin de clones autour de toi”.

Avant lui, Brice Hortefeux, qui ne s‘est pas exprimé à la tribune, avait répété devant la presse son voeu de voir le programme “enrichi sur les questions sociales”.

Gérald Darmanin, ancien coordinateur de la campagne de Nicolas Sarkozy, a corrigé le tir en portant le “message d‘unité” de l‘ancien chef de l‘Etat, dont le nom a été ovationné à l‘ouverture d‘un conclave traversé d‘éclairs de nostalgie sarkozyste.

“Nicolas Sarkozy n‘a pas d‘héritier (...) mais il a engagé la famille politique qu‘il a construite à rester unie”, a dit le maire de Tourcoing. “Ce message doit être entendu, (...) ne pas rester unis serait un crime contre notre pays”.

Luc Chatel, président du conseil national et ancien conseiller politique de Nicolas Sarkozy, lui a fait écho : “Ne tombons pas dans le piège de nos adversaires. Utiliser les mots de la gauche, c‘est céder à leur idéologie”.

Les fillonistes se sont chargés de répéter l‘avertissement.

“Quand on a une suggestion à faire à notre candidat, c‘est à lui que nous la faisons, pas devant un micro”, a déclaré Bernard Accoyer, le nouveau secrétaire général des Républicains.

“La diversité n‘a de sens que si elle orientée vers un projet collectif”, a souligné pour sa part Bruno Retailleau, coordinateur de la campagne de François Fillon. (Edité par Yann Le Guernigou)

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