12 janvier 2017 / 14:20 / dans 8 mois

France-Les syndicats dénoncent le coût d'un arrêt de Fessenheim

FESSENHEIM, Haut-Rhin, 12 janvier (Reuters) - Les syndicats d‘EDF ont dénoncé jeudi le coût, selon eux exorbitant, d‘une fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim, promesse de campagne que François Hollande s‘était engagé à mettre en ÷uvre avant le terme de son mandat.

Les représentants du personnel s‘appuient sur trois études commandées par le comité central d‘entreprise (CCE), qui a donné mardi un avis unanimement négatif au projet.

“C‘est une centrale sûre dont la fermeture serait coûteuse et socialement dangereuse”, a affirmé Jean-Luc Magnaval, secrétaire CGT du CCE, à Fessenheim.

Les études, technique, financière et sociale, tablent sur une hypothèse d‘exploitation de la doyenne du parc électronucléaire français durant encore 20 ans, soit 60 ans au total, la durée d‘exploitation des centrales américaines.

Le manque à gagner pour EDF, qui devrait acheter ailleurs les 12 térawatts/heure produits les bonnes années par la centrale alsacienne, serait compris entre 1,6 et 6 milliards d‘euros, en fonction du prix de gros de l‘électricité, estime le rapport financier Secafi.

L‘Etat propose actuellement à l‘entreprise publique une indemnisation de 400 millions d‘euros pour la seule fermeture, à laquelle pourra s‘ajouter une part variable.

Selon le rapport technique, dû à Energie et développement, le fait de substituer à l‘électricité nucléaire alsacienne des térawatts issus du gaz ou du charbon reviendrait à générer 7,89 millions de tonnes de CO2 supplémentaires chaque année.

FILLON NE FERMERAIT PAS FESSENHEIM

L‘étude sociale, réalisée par Syndex, évalue à 2.000 les emplois supprimés par un arrêt de l‘activité, soit les 1.000 emplois sur le site augmentés de ceux qui seraient touchés chez les fournisseurs et entreprises sous-traitantes.

La perte fiscale annuelle serait de 48 millions dont un quart au détriment des collectivités locales.

Quant à la sûreté de la centrale, cible des écologistes qui dénoncent sa vétusté et son implantation dans une zone inondable et soumise à un risque sismique, elle reste attestée par l‘Autorité de sûreté nucléaire, rappelle le premier rapport.

L‘arrêt depuis juin du réacteur numéro 2, en raison d‘une irrégularité dans la fabrication d‘un élément d‘un générateur de vapeur, ne serait pas non plus un problème si la conclusion de l‘expertise en cours se révélait négative : le changement du générateur reviendrait à 200 millions d‘euros.

Un arrêt de la centrale implicitement prévu par la loi de transition énergétique qui fixe un plafond à la production d‘électricité issue du nucléaire, ne devrait toutefois pas intervenir avant la mise en service de l‘EPR de Flamanville (Manche), une centrale nouvelle génération, prévue pour 2018.

La direction d‘EDF doit se prononcer auparavant sur l‘accord conclu avec l‘Etat quant à l‘indemnisation de son préjudice.

François Fillon, candidat de la droite et du centre à l‘élection présidentielle, s‘est quant à lui engagé à “stopper la fermeture” de la centrale s‘il est élu. (Patrick Genthon, avec Gilbert Reilhac, édité par Yves Clarisse)

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