10 janvier 2017 / 10:45 / dans 10 mois

ChemChina et Syngenta proposent des "remèdes" à l'UE

PEKIN/HONG KONG, 10 janvier (Reuters) - China National Chemical (ChemChina) et Syngenta ont soumis des propositions de “remèdes” aux autorités européennes dans le but d‘obtenir leur feu vert à leur projet de fusion de 40,6 milliards d‘euros.

Le site internet de la Commission européenne fait état d’“engagements” soumis le 9 janvier, ce qui signifie généralement que les parties concernées ont proposé des cessions d‘actifs ou des mesures spécifiques en matière de prix de vente pour répondre aux préoccupations de Bruxelles. La CE ne donne aucune précision sur la nature des engagements des deux groupes.

“Syngenta confirme que des remèdes liés à l‘accord avec ChemChina ont été soumis à la CE. Nous ne ferons pas d‘autre commentaire”, a dit un porte-parole du groupe suisse de semences et de pesticides. “ChemChina et Syngenta restent pleinement engagés dans l‘opération et sont confiants dans sa réalisation.”

Un porte-parole du géant public chinois de la chimie a déclaré à Reuters que le détail des remèdes soumis à Bruxelles était confidentiel.

La Commission a ouvert en octobre une enquête sur le projet de rachat de Syngenta par ChemChina en expliquant que les deux groupes n‘avaient pas apaisé ses inquiétudes sur les risques que faisait peser le projet sur la concurrence.

Le mariage Syngenta-ChemChina, annoncé il y a près d‘un an, a déjà été approuvé par des autorités de plusieurs grands marchés, aux Etats-Unis (uniquement par une commission chargée de trancher sur les enjeux pour la sécurité nationale) et en Australie entre autres.

Les points mis en avant par la CE sont considérés comme l‘un des derniers obstacles réglementaires, avec la décision des autorités antitrust américaines.

La semaine dernière, Syngenta a déclaré que la Commission européenne avait décidé de prolonger son enquête de 10 jours ouvrés, soit jusqu‘au 12 avril, afin de donner “suffisamment de temps à la discussion des propositions de remèdes”.

Dans son communiqué d‘octobre, l‘exécutif européen avait notamment évoqué les risques liés au poids cumulé des deux groupes sur le marché européen de la protection des cultures.

Pour Ioannis Kokoris, professeur de droit et d‘économie à la Queen Mary University de Londres, une cession d‘Adama, filiale spécialisée de ChemChina, constitue la solution la plus simple pour répondre aux préoccupations exprimées par Bruxelles.

“Le fait que ChemChina ne l‘ait pas encore fait suggère qu‘il essaie d‘éviter une cession totale d‘Adama, peut-être en vendant un certain nombre d‘activités importantes”, dit-il. “L‘autre hypothèse, c‘est qu‘il a accepté de céder Adama et qu‘il discute maintenant de remèdes supplémentaires.” (Chen Aizhu et Michelle Price; Marc Angrand pour le service français, édité par Véronique Tison)

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