9 janvier 2017 / 08:30 / dans 8 mois

RPT-SALON-Retour des gros cubes à Detroit, pas des Français

(Répétition du papier de présentation diffusé vendredi soir)

* Malgré la concurrence du CES à Vegas, la grand-messe du Michigan a commencé dimanche

* Gros pick-ups et SUV éclipsent cette année l‘électrique

* L‘élection de Trump a peut-être changé la donne pour l‘auto US

* PSA et Renault ont déserté le marché américain depuis 30 ans

par Gilles Guillaume et Laurence Frost

PARIS, 9 janvier (Reuters) - L‘édition 2017 du salon de l‘automobile de Detroit se montre plus discrète que d‘autres salons sur les projets de véhicules électriques et est plus que jamais dominée par les carrosseries imposantes dont l‘Amérique du Nord est friande, tandis que les Français brillent encore par leur absence.

Traditionnellement le premier grand rendez-vous international de l‘année pour la planète auto, le salon de Detroit, qui a ouvert ses portes dimanche jusqu‘au 22 janvier, souffre de plus en plus de la concurrence du CES de Las Vegas, devenue une vitrine technologique de la profession car les dernières innovations en matière d‘aide à la conduite ou d‘électrique y sont présentées avec quelques jours d‘avance.

Mais la grand-messe du Michigan, l‘un des berceaux de l‘industrie automobile, reste néanmoins le théâtre d‘importantes nouveautés pour les constructeurs américains, japonais ou allemands. Dans un contexte toutefois différent de 2016 car la perspective d‘une réglementation environnementale moins sévère avec l‘élection de Donald Trump semble favoriser les moteurs thermiques traditionnels aux dépens des nouvelles technologies électriques ou hybrides.

Les marques françaises, qui ont abandonné le marché américain il y a maintenant près de trente ans, n‘ont toujours pas de stand à Detroit. Mais des dirigeants d‘équipementiers comme Valeo ou Faurecia, qui ont d‘importants contrats aux Etats-Unis, sont là.

“Les Etats-Unis sont un marché mature, il est donc plus difficile (pour PSA ou Renault) de s‘y faire une place que sur un marché émergent”, commente Denis Schemoul, analyste automobile au cabinet IHS. “Mais il faut croire qu‘on ne peut pas faire durablement l‘impasse sur le marché américain : PSA n‘a jamais abandonné l‘idée de revenir, Renault y est via l‘alliance avec Nissan et Volkswagen en fait une priorité.”

Le groupe allemand, bien qu‘ébranlé aux Etats-Unis par le dieselgate, présente un nouveau ID Concept électrique et révèle la version longue de son SUV Tiguan dénommé “tout espace”.

S‘il a été détrôné par la Chine comme premier marché automobile mondial, le marché américain devrait encore peser quelque 17,4 millions d‘unités en 2017, selon IHS, contre moins de 14 millions de voitures commercialisées en Europe occidentale en 2016. Barclays voit de son côté un marché stabilisé autour de 17,5 millions d‘unités en 2017 et 2018, avant une érosion en 2019.

L‘OMBRE DE TRUMP

La Peugeot 403 de l‘inspecteur Colombo ou l‘ancienne DS du Mentalist, à la télévision, ne peuvent faire oublier que PSA n‘a en revanche jamais vraiment rencontré le succès outre-Atlantique avec une gamme sans doute trop européenne. New York a bien compté dans les années 1970-1980 des Peugeot 505 turbo-diesel parmi ses taxis mais la marque au lion s‘est retirée commercialement des Etats-Unis en 1991.

Renault est passé plus près du jackpot. Moins avec “Le Car”, une R5 à peine modifiée pour le marché américain, ou avec ses R9 et R11 rebaptisées “Alliance” et “Encore”, qu‘en tant qu‘actionnaire du constructeur américain AMC, dont il a relancé la marque Jeep avec le célèbre Cherokee.

La situation financière de la régie a cependant conduit à la revente d‘AMC à Chrysler en 1987, privant Renault d‘une marque américaine qui, en pleine mode du SUV, fait aujourd‘hui le bonheur de FiatChrysler.

Renault bénéficie toutefois indirectement de la vitalité du marché américain via son partenaire Nissan, dont le gros pick-up Titan est très adapté aux goûts locaux. La marque haut de gamme de Nissan, Infiniti, dévoile aussi en avant-première mondiale son nouveau SUV QX50 à Detroit.

PSA a quant à lui inscrit le retour en Amérique du Nord dans son plan stratégique, mais à un horizon de dix ans. Le groupe commencera par y proposer des services de mobilités, comme l‘autolib du groupe Bolloré avec lequel il est en discussion à Los Angeles. Des offres basées sur les propres véhicules du groupe doivent suivre.

Faute de produire pour le marché américain, les deux constructeurs français ne sont pas directement concernés par le bras de fer engagé entre Donald Trump et les marques qui exportent aux Etats-Unis à partir d‘usines situées au Mexique, mais les sorties récentes du président élu contre Ford et Toyota sont dans tous les esprits à Detroit.

Si PSA revient un jour, ce pourrait être avec sa nouvelle marque haut de gamme DS parce que le marché du premium se porte bien aux Etats-Unis, comme en atteste l‘appétit des spécialistes allemands.

Mercedes présente à Detroit son nouveau Coupé Classe E et Audi y dévoile son imposant Q8. Chez les Japonais, outre Infiniti, la marque haut de gamme de Toyota, Lexus, lève le voile sur la cinquième génération de la LS.

Au pays du F-150, le gros pick-up de Ford, voiture la plus vendue aux Etats-Unis qui bénéficie d‘un ‘facelift’ à Detroit, le coréen Kia et l‘américain General Motors présentent chacun leurs gros SUV aux noms évocateurs “Telluride” et “GMC Terrain”.

GM dévoile aussi son nouveau “Traverse”, un SUV qualifié de “taille moyenne” même si, avec plus de cinq mètres de long, il dépasse encore la plus grande des voitures Renault. (Edité par Dominique Rodriguez)

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