5 janvier 2017 / 21:08 / dans 9 mois

LEAD 5-Deux morts dans un attentat à Izmir, le PKK soupçonné

(Actualisé avec précisions)

par Nevzat Devranoglu et Tuvan Gumrukcu

ANKARA, 5 janvier (Reuters) - Un échange de tirs et l‘explosion d‘une voiture piégée jeudi devant le palais de justice d‘Izmir, troisième ville de Turquie, ont fait deux morts, un agent de police et un employé du tribunal.

Les premiers éléments de l‘enquête l‘orientent sur la piste des séparatistes kurdes du PKK. Cette attaque est une nouvelle illustration de l‘insécurité qui règne en Turquie, cinq jours après l‘attentat, revendiqué par le groupe Etat islamique, qui a fait 39 morts dans une discothèque d‘Istanbul.

Compte tenu du matériel retrouvé sur les lieux, l‘attaque prévue à Izmir aurait pu être bien plus spectaculaire, a déclaré un des vice-Premiers ministre turcs, Veysi Kaynak. Les armes en question sont des Kalachnikov, des grenades et des projectiles pour lance-roquettes.

Le gouverneur de la province d‘Izmir, Erol Ayyildiz, a indiqué que la police avait abattu deux des assaillants. D‘après l‘agence de presse Anatolie, et une source policière, les forces de sécurité traquent un troisième assaillant.

Le gouverneur d‘Izmir a expliqué que la police avait voulu arrêter le véhicule qui s‘approchait d‘un barrage et qu‘il y avait alors eu un échange de tirs. “Pendant cet affrontement, les terroristes ont fait exploser la voiture piégée tout en tentant de s‘échapper”, a-t-il dit à la presse.

L‘attaque n‘a pas été revendiquée. Selon le gouverneur Ayyildiz, les premières conclusions vont dans le sens d‘une responsabilité du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

EXPLOSION CONTRÔLÉE

Deux personnes, soupçonnées d‘avoir vendu le véhicule qui a servi de bombe aux attaquants, ont été interpellées, a-t-on appris auprès des services de sécurité.

Après l‘explosion, plusieurs dizaines de personnes se sont précipitées sur les lieux en criant : “Dieu maudisse le PKK.”

Un second véhicule, dans lequel les activistes projetaient de s‘enfuir, a fait l‘objet d‘une explosion contrôlée.

La Turquie, membre de l‘Otan, participe à la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis contre l‘Etat islamique en Syrie. La Turquie doit également faire face à l‘insurrection menée par le PKK dans le Sud-Est kurde.

L‘aviation turque bombarde régulièrement les camps du PKK dans le nord de l‘Irak. Les opérations militaires du gouvernement turc en Syrie visent non seulement à lutter contre l‘EI mais aussi à empêcher les milices kurdes, qu‘il considère comme un prolongement du PKK, de gagner du terrain en Syrie.

Avant la fusillade du Reina, la discothèque d‘Istanbul attaquée dans la nuit du Nouvel An, un attentat aux abords du stade de football du Besiktas, également à Istanbul, avait fait 44 morts et plus de 150 blessés le 10 décembre.

Il avait été revendiqué par les Faucons pour la liberté du Kurdistan (Tak), un groupe kurde proche du PKK.

Une semaine plus tard, un attentat à la voiture piégée contre un autobus de l‘armée à Kayseri, dans le centre de la Turquie, avait fait 13 morts et 56 blessés. Il avait été revendiqué quelques jours plus tard par le Tak.

Mercredi, la police turque a arrêté à Izmir une vingtaine de militants présumés de Daech lors d‘une perquisition liée, selon les médias turcs, à l‘enquête sur l‘attentat contre la discothèque d‘Istanbul. (Avec Ece Toksabay et Orhan Coskun à Ankara, Humeyra Pamuk, Can Sezer, Ceyda Caglayan, Birsen Altayli et Daren Butler à Istanbul, Henri-Pierre André et Danielle Rouquié pour le service français, édité par Gilles Trequesser)

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