27 décembre 2016 / 05:02 / dans 9 mois

RPT-Wall Street pourrait pâtir de la politique commerciale de Trump

(Répetition sans changement d‘une dépêche transmise lundi)

par Rodrigo Campos

NEW YORK, 27 décembre (Reuters) - Wall Street a été soutenue en fin d‘année par l‘élection de Donald Trump dans l‘anticipation de mesures de déréglementation, de baisses d‘impôts et de dépenses d‘infrastructures mais la lune de miel pourrait prendre fin dès le mois de janvier.

Des signes de mise en place par le président élu républicain d‘une ligne dure sur les traités commerciaux menacent de compromettre l‘élan haussier constaté depuis le 8 novembre.

Donald Trump, dont l‘entrée en fonction est prévue le 20 janvier, a désigné l‘économiste Peter Navarro, qui préconise une attitude bien plus agressive des Etats-Unis face à l‘expansion de la Chine, à la tête du Conseil du commerce national, une structure nouvellement créée dépendant de la Maison blanche.

Parmi les mesures favorisées par Navarro et l‘homme d‘affaires Wilbur Ross, choisi comme secrétaire au Commerce, figure une réforme fiscale favorisant les exportations américaines et freinant les importations, qui est aussi dans le programme en six points “A Better Way” (une voie meilleure) du président républicain de la Chambre des représentants Paul Ryan. Les menaces de Trump de revoir les accords commerciaux et d‘imposer des barrières douanières semblent donc bien réelles.

Selon les économistes de Deutsche Bank, si cette politique était mise en oeuvre, l‘inflation pourrait s‘envoler bien au-dessus de l‘objectif de 2% de la Réserve fédérale américaine et entraîner une hausse de 15% du dollar.

D‘après les calculs des analystes, toutes choses égales par ailleurs, une hausse de 5% du dollar se traduit par une révision à la baisse de 3% des bénéfices pour les sociétés du S&P-500 et une réduction d‘un demi-point de la croissance du PIB. L‘indice du dollar par rapport à un panier de devises a déjà gagné plus de 5% depuis l‘élection de Trump.

Une politique protectionniste ne provoquerait sans doute pas un ralentissement économique global mais elle pourrait déboucher sur une récession localisée dans le secteur manufacturier et des gains plus faibles au niveau des emplois dans l‘industrie, selon Brian Jacobsen de Wells Fargo Funds Management.

Il estime que la “taxe frontalière” pourrait déclencher des représailles et créer un climat d‘incertitude sur le marché.

“Même si les législateurs ont des intentions nobles, certains pays pourraient utiliser cela comme prétexte pour soutenir ou subventionner leurs propres industries”, dit-il.

PRINCIPAL RISQUE ÉCONOMIQUE

Depuis l‘élection de Donald Trump, le S&P-500 a gagné 5,7% et le Dow Jones a bondi de 9%, se rapprochant de la barre des 20.000 points. Certains secteurs se sont littéralement envolés, notamment les banques qui ont pris près de 25%.

Le ratio cours/bénéfice (PER) sur les 12 mois à venir du S&P-500 a augmenté d‘un point depuis le 8 novembre, passant de 16,6 à 17,6, selon des données de Thomson Reuters.

Les petites capitalisations ont également tiré profit de ce rally. Le PER à 12 mois sur l‘indice Russell 2000 est passé de 22 à 26 depuis le jour de l‘élection, soit une hausse de 18%, tandis que l‘indice a bondi de 14%.

Les bénéfices du S&P-500 sont attendus en hausse de 12,5% l‘an prochain, selon les estimations de Thomson Reuters Proprietary Research. Mais tout frein aux résultats des entreprises, tel qu‘un conflit commercial ou un renchérissement du dollar lié à la mise en place de nouvelles barrières douanières, pourrait peser sur les valorisations boursières.

D‘après les économistes des grandes banques de Wall Street, le principal risque qui pèse sur les perspectives économiques à court terme est la politique commerciale que mènera Trump.

L‘idée d‘une taxe sur les importations “devrait alarmer les investisseurs”, prévient Michael O‘Rourke, stratégiste marché chez Jones Trading, dans le Connecticut.

“Une guerre commerciale serait extrêmement négative” pour les actions, dit-il, ajoutant que le rally boursier et la faiblesse des échanges en raison des fêtes de fin d‘année ont jusqu‘ici empêché une correction qui pourrait très bien se matérialiser rapidement.

Pour Michael O‘Rourke, le secteur technologique, qui profite tout particulièrement de la mondialisation, serait particulièrement exposé à une hausse des droits de douane.

Les analystes du secteur automobile chez Deutsche Bank estiment pour leur part que la “taxe frontalière” pourrait affecter d‘autres secteurs dépendant de chaînes d‘approvisionnement mondiales, se traduisant par exemple par un surcoût pouvant atteindre 10% pour une nouvelle voiture. (Claude Chendjou pour le service français, édité par Juliette Rouillon)

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