20 décembre 2016 / 17:17 / dans un an

M&A-Les banques françaises ne brillent guère dans les palmarès

* BNP Paribas, CASA et SocGen absents des Top 20 du M&A au niveau mondial et européen-données Thomson Reuters

* BNP prévoit deux recrutements en GB en 2017-responsable

* Socgen, Crédit agricole et BNP ressortent aux 23e, 24e et 26e places en Europe-données Thomson Reuters

* Le classement de Thomson Reuters des banques conseil en Europe: bit.ly/2ibP7Zx

par Matthieu Protard et Maya Nikolaeva

PARIS, 20 décembre (Reuters) - En matière de fusions et acquisitions (M&A), les banques françaises peinent à se hisser dans le peloton de tête alors que la taille de leur bilan et leur présence à l‘international pourraient justifier une influence plus significative.

Selon les données de Thomson Reuters pour 2016, aucune des quatre grandes banques françaises ne figure parmi les 20 premières banques conseil en M&A dans un classement mondial largement dominé par les groupes américains. Seule la banque d‘affaires indépendante Rothschild figure à la 13e place.

Même constat sur le marché européen, leur terrain de prédilection: elles ne figurent pas non plus cette année dans le Top 20 des banques conseil, selon ces mêmes données.

Pourtant, d‘autres banques européennes comme l‘allemand Deutsche Bank et les suisses UBS et Credit suisse dont les modes de fonctionnement sont d‘ailleurs proches des modèles anglo-saxons, continuent à tirer leur épingle du jeu.

“Ce ne sont pas les moyens financiers, les équipes ou les implantations des banques françaises qui expliquent ces classements. La raison vient plus, selon moi, de leurs relations et réseaux d‘influence à l‘international”, souligne un consultant spécialisé en M&A qui n‘a pas souhaité être cité.

“Aux Etats-Unis par exemple, il est important d‘avoir des réseaux au sein de certaines instances de régulation. C‘est pourquoi les entreprises privilégient les banques anglo-saxonnes, et surtout américaines, pour leurs opérations de M&A.”

DANONE ET SANOFI SANS BANQUES FRANÇAISES

Les choix récemment opérés par Danone et Sanofi dans leur offensive ou tentative d‘offensive outre-Atlantique sont sans appel: aucune banque française n‘est présente.

Pour le rachat de WhiteWave Foods, Danone a pris comme conseil Lazard tandis que Sanofi s‘est entouré de Goldman Sachs et de Morgan Stanley pour sa tentative manquée d‘OPA sur Medivation, selon les données Thomson Reuters.

A la date du 20 décembre, la Société générale, qui a conseillé l‘américain FMC pour le rachat de Technip , ressort en Europe à la 23e place avec un volume de transactions de près de 39 milliards de dollars, et Crédit agricole à la 24e (37,4 milliards de dollars).

BNP Paribas, qui avait terminé 2015 à la 10e place en Europe après avoir fait partie des conseils d‘Anheuser-Busch InBev pour l‘acquisition de SABMiller pour quelque 110 milliards de dollars, se classe cette année 26e.

Les groupes américains Goldman Sachs, JPMorgan et Morgan Stanley continuent de tenir le haut du pavé tandis que les banques d‘affaires indépendantes Lazard et Rothschild se distinguent, en se classant respectivement 5e et 6e.

“Il est dans nos axes stratégiques de gagner des parts de marché en banque d‘investissement en dehors de France même s‘il est vrai que notre c÷ur de marché reste l‘Europe continentale”, a déclaré à Reuters Sophie Javary, responsable du “Corporate Finance” chez BNP Paribas pour la région Europe, Moyen-Orient, Afrique (EMEA).

La banque française explique qu‘elle entend continuer d‘investir en Allemagne, en Grande-Bretagne, dans les pays scandinaves, ainsi qu‘aux Etats-Unis où des annonces sont prochainement prévues.

DES RECRUTEMENTS À VENIR

En Grande-Bretagne, où BNP Paribas a pâti cette année d‘une base de comparaison défavorable avec 2015 du fait notamment de la fusions InBev-SABMiller, la banque de la rue d‘Antin compte néanmoins se renforcer même si l‘impact du référendum sur le ‘Brexit’ s‘est fait ressentir sur le marché du M&A où les transactions ont chuté de 58% en volume à 162 milliards de dollars.

“Nous allons continuer à investir en Grande-Bretagne pour renforcer nos activités de conseil en M&A”, souligne Eric Jacquemot, responsable du “Corporate Finance” chez BNP Paribas pour la Grande-Bretagne. “Depuis le 1er septembre, nous avons une équipe de 15 collaborateurs dédiée au marché britannique et deux recrutements de banquiers senior sont prévus en 2017. Nous procédons aussi à un recrutement en ECM (Equity capital market).”

La banque relève également qu‘en 2016, le marché britannique s‘est caractérisé par de nombreuses transactions entre les Etats-Unis et la Grande-Bretagne pour lesquelles les entreprises ont préféré mandater des banques britanniques et américaines.

BNP Paribas rappelle aussi qu‘elle a conseillé EDF pour son projet de construction de deux réacteurs nucléaires de type EPR à Hinkley Point en Grande-Bretagne dont une partie sera financée par des capitaux chinois. Ce projet n‘est toutefois pas intégré dans les données de Thomson Reuters.

En Allemagne, qui est un marché stratégique pour BNP Paribas dans la BFI, la banque française a en revanche gagné 23 places après avoir notamment conseillé Valeo pour le rachat de l‘allemand FTE.

En Espagne, elle se hisse sur la deuxième marche du podium (+15 places) juste derrière Goldman Sachs. (Edité par Jean-Michel Bélot)

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