19 décembre 2016 / 14:28 / il y a 9 mois

Obligations-Possible nouveau choc avec le scrutin neérlandais

par Dhara Ranasinghe et John Geddie

LONDRES, 19 décembre (Reuters) - Les investisseurs pourraient une nouvelle fois être pris de court par un vote anti-système lorsque les Pays-Bas, cinquième puissance économique de la zone euro, organiseront leurs prochaines élections législatives le 15 mars.

Dans plusieurs sondages, le Parti pour la Liberté (PVV), parti d‘extrême-droite à la fois eurosceptique, anti-immigration et islamophobe, devance le Parti populaire libéral et démocrate (VVD) du Premier ministre Mark Rutte dans les intentions de vote.

Certains acteurs du marché obligataire ont pris acte des incertitudes politiques qui attendent les Pays-Bas en réduisant leur exposition au papier souverain néerlandais.

Mais alors que le rendement italien était monté à un pic de 14 mois avant le référendum constitutionnel du 4 décembre et que le rendement français évolue à un plus haut de près 11 mois à l‘approche de l‘élection présidentielle de mai, la progression du rendement néerlandais a été plus que modérée.

“L‘écart de rendement (entre les obligations souveraines allemandes et néerlandaises) ne reflète pas l‘ampleur du risque politique aux Pays-Bas”, estime Franck Dixmier, responsable mondial du marché obligataire chez Allianz Global Investors.

“Même si le Parti pour la Liberté ne gagne pas les élections, il devrait obtenir plus de sièges et commencer à revendiquer haut et fort un ‘Nexit’”.

Il y a dix jours, Geert Wilders, le dirigeant du PVV, a été reconnu coupable par la justice d‘insultes et d‘incitation à la discrimination à l‘encontre des Marocains mais aucune peine n‘a été prononcée contre lui.

Après le vote des Britanniques le 23 juin en faveur d‘une sortie de l‘Union européenne, Geert Wilders a estimé que les Pays-Bas, l‘un des six pays fondateurs en 1957 de ce qui était alors la Communauté économique européenne (CEE), devaient également organiser un référendum sur l‘appartenance à l‘UE.

Selon un dernier sondage, le VVD perdrait près de la moitié des 41 sièges qu‘il détient actuellement au parlement pour tomber à 23 si les élections étaient organisées maintenant contre 33 pour le PVV, qui ferait plus que doubler sa représentation.

Le parti travailliste (PvdA), partenaire de coalition du VVD, s‘effondrerait à 10 sièges, contre 38 actuellement. Le Parlement néerlandais compte 150 sièges.

LES PÉRIPHÉRIQUES À LA MERCI D‘UN NEXIT

Depuis le “Brexit” et le choc de la victoire surprise de Donald Trump à l‘élections présidentielle américaine, les intervenants du marché ont tendance à vendre les obligations émises par les pays de la zone euro menacés par un risque politique.

Mais l‘écart de rendement entre les obligations souveraines à 10 néerlandaises et leurs équivalentes allemandes, référence du marché, n‘est actuellement que de 14 points de base (pdb) après être monté en novembre à un pic de cinq mois de 20 pdb.

Il s‘agit du “spread” avec l‘Allemagne - une mesure dont les investisseurs évaluent le risque relatif à un pays - le plus faible de la zone euro, devant la Finlande, l‘Autriche, la Belgique, la France et l‘Irlande.

Comme le montre ce graphique - reut.rs/2h03Dn5 - le creusement de cet écart de rendement depuis l'élection présidentielle américaine a été modeste en comparaison de l'évolution des spread français, actuellement de 46 pdb, et italien (154 pdb).

“Si le spread germano-néerlandais atteint les 30 pdb, ce serait une bonne occasion d‘entrer sur le marché, mais s‘il passe sous les 10 pdb, il faut en arriver à la conclusion que le risque n‘est pas suffisamment pris en compte”, déclare Padhraic Garvey, chargé de la stratégie taux chez ING.

Les spécialistes ne pensent pas que Geert Wilders, qui vit depuis 10 ans sous protection policière en raison de menaces reçues après ses propos islamophobes, deviendra le prochain Premier ministre des Pays-Bas en raison du refus affiché des autres partis de travailler avec le PVV ou de soutenir un éventuel Nexit.

Même si le PVV parvient à se faire une place au sein d‘un gouvernement, il est peu probable qu‘une majorité de Néerlandais se prononce en faveur d‘une sortie de l‘UE, estime la banque néerlandaise ABN Amro.

Et, à l‘instar de ce qui s‘est passé en Italie, où le référendum du 4 décembre a entraîné la démission du président du Conseil Matteo Renzi remplacé depuis par celui qui était son ministre des Affaires étrangères Paolo Gentiloni, le marché obligataire paraît à ce stade être en mesure de se remettre rapidement de zones de turbulences.

S‘il devait y avoir des craintes au sujet d‘un Nexit et, de ce fait, d‘un éclatement de la zone euro, il est probable que ce soit les rendements des pays dits périphériques - Espagne, Italie, Portugal - qui en pâtissent plutôt que le papier néerlandais. (Benoit Van Overstraeten pour le service français, édité par Véronique Tison)

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below