19 décembre 2016 / 19:04 / dans 9 mois

LEAD 4-France-Nouvelle suspension des négociations VTC-Uber

* Les conducteurs font d‘une baisse de commission un préalable

* Le secrétariat d‘Etat aux transports soutient cette demande

* Uber a promis de donner une réponse mardi à 14h00

* Un syndicat de VTC menace d‘appeler au boycottage d‘Uber (Avec nouvelle suspension des négociations, précisions)

PARIS, 19 décembre (Reuters) - Les négociations entre plateformes numériques et représentants des conducteurs de VTC ont de nouveau été suspendues lundi soir, moins d‘une heure après leur reprise, et recommenceront mardi à 14h00 au secrétariat d‘Etat aux Transports.

Ces négociations sur les conditions de travail et de rémunération des conducteurs de VTC dépendant pour leur activité de plateformes de mise en relations avec les clients, en particulier la société américaine Uber, avaient été suspendues une première fois dans l‘après-midi.

Cette suspension devait permettre à Uber France de consulter sa maison-mère à San Francisco, aux Etats-Unis, sur les demandes des chauffeurs et du secrétaire d‘Etat aux Transports.

Alain Vidalies s‘efforce de trouver une issue à ce conflit, qui s‘est envenimé depuis jeudi dernier.

Selon un communiqué du secrétariat d‘Etat, il a demandé à l‘ouverture des discussions, lundi matin, à Uber, une “avancée immédiate” : le gel le temps des négociations de l‘augmentation de sa commission, récemment portée de 20 à 25%.

“Ce soir, la société Uber, sans rejeter cette mesure temporaire, a demandé un délai supplémentaire”, précise le communiqué. “Elle s‘est engagée à faire part de sa réponse lors d‘une nouvelle réunion qui se tiendra demain à 14h00.”

Les conducteurs de véhicules de transport avec chauffeurs (VTC) font du retour à 20% de la commission prélevée par Uber sur les courses un préalable pour continuer les discussions.

“Les chauffeurs ne souhaitent qu‘une chose, vivre décemment du fruit de leur travail”, a déclaré à BFM TV Jean-Luc Albert, du syndicat Actif VTC. “Uber a vendu du rêve et aujourd‘hui la réalité est un véritable cauchemar.”

Si Uber n‘apporte pas de réponse mardi à 14h00, les organisations de conducteurs appelleront ces derniers à se déconnecter d‘Uber et à “consommer français”, a-t-il averti.

“Il existe des plateformes françaises. Nous leur demanderons de se connecter sur les plateformes françaises”, a-t-il dit.

MÉDIATEUR NOMMÉ PAR LE GOUVERNEMENT

Alain Vidalies propose, une fois levé le préalable de la commission, que les négociations se poursuivent, sous l‘égide d‘un médiateur nommé par le gouvernement, sur quatre thèmes : la tarification, les conditions de déconnexion des plateformes pour les chauffeurs, la protection sociale et les charges.

Objectif : aboutir à un accord d‘ici le 31 janvier 2017.

Plusieurs centaines de conducteurs de VTC ont manifesté la semaine dernière contre la politique tarifaire des plateformes, au premier rang desquelles Uber.

Ces blocages, en particulier autour de l‘aéroport parisien d‘Orly, ont été émaillés de violences. Selon une source judiciaire, six conducteurs ont été placés en garde à vue vendredi soir pour violences, notamment envers des policiers.

Alain Vidalies a de nouveau condamné lundi ces actes, précise le secrétariat d‘Etat dans son communiqué : “Il a indiqué que tout accord entre les acteurs suppose un arrêt total de ces violences et blocages.”

Le secrétaire général de Force ouvrière, Jean-Claude Mailly, a pour sa part estimé sur BFM TV que les chauffeurs dépendants des plateformes devaient être reconnus comme salariés.

“On voit très bien que ces chauffeurs ne sont pas libres, qu‘ils ne sont pas réellement des indépendants”, a-t-il dit.

L‘Unsa SCP-VTC, un des syndicats de conducteurs, s‘élève contre des “commissions excessives, la déconnexion abusive des chauffeurs par la plateforme” et des “humiliations”.

Les discussions visent à améliorer la rentabilité de l‘activité des chauffeurs, ce qui dépend du tarif des courses mais aussi des frais de services des plateformes. Selon un participant, l‘idée de facturer le temps d‘attente a été émise.

Les parties discutent également d‘une possible fin de l‘obligation de rouler en berline, car les véhicules plus petits sont plus rentables pour les chauffeurs, dit-on de même source.

L‘idée d‘une contribution des plateformes au financement de la protection sociale des chauffeurs est aussi sur la table. (Gérard Bon et Emmanuel Jarry)

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