19 décembre 2016 / 00:01 / dans un an

Plus de 300 arrestations au Venezuela après des pillages

CARACAS, 19 décembre (Reuters) - Plus de 300 personnes ont été arrêtées au Venezuela lors de manifestations ou de pillages provoqués par la suppression des billets de 100 bolivars, la plus forte valeur en circulation, a annoncé dimanche le président Nicolas Maduro.

Le successeur d‘Hugo Chavez a fait retirer jeudi ces billets de la circulation alors que les nouveaux billets de 500, 2.000 et 20.000 bolivars créés pour s‘adapter à l‘inflation n‘avaient pas encore été livrés.

Nombre de Vénézuéliens se sont retrouvés sans moyens de paiement - 40% de la population n‘a pas de compte bancaire - et des émeutes et des pillages ont rapidement éclaté.

Dans le seul Etat de Bolivar, le gouverneur a fait état de 262 arrestations. D‘après les responsables économiques locaux, quelque 350 magasins ont été pillés dans la ville de Ciudad Bolivar. Dans 90% des cas, il s‘agissait d‘établissements alimentaires.

A Santa Elena de Uairen, près de la frontière avec le Brésil, commerçants et habitants ont formé des groupes de vigiles pour assurer la sécurité des magasins.

Après deux journées de troubles qui ont fait au moins un mort, Maduro a annoncé samedi qu‘il repoussait au 2 janvier la date limite d‘utilisation des billets de 100 bolivars tandis que les premiers chargements de nouveaux billets sont arrivés par avion.

Ce report a contribué à calmer les esprits, même si de nouveaux pillages étaient signalés dimanche à Ciudad Bolivar (sud) et si certains commerçant ont refusé d‘accepter des billets de 100 bolivars.

Parmi les personnes interpellées ces derniers jours figurent des cadres et des militants de deux partis de l‘opposition, Volonté populaire et Justice d‘abord, a précisé Maduro dans un discours télévisé, les accusant de suivre des instructions “putschistes” venues de Washington.

“Ne venez pas me dire qu‘ils sont des prisonniers politiques. Ils appartiennent aux deux partis des ‘gringos’ au Venezuela”, a-t-il dit.

Maduro, au pouvoir depuis la mort de Chavez, en 2013, justifie la suppression des billets 100 bolivars au nom de la lutte contre la mafia et la contrebande.

Mais alors que le pays est en récession depuis trois ans, l‘opposition dénonce une nouvelle preuve de la “politique économique désastreuse” menée par le pouvoir.

“Le seul coupable du chaos et de la violence de ces derniers jours, c‘est Nicolas Maduro”, a déclaré le parti Justice d‘abord dans un communiqué. (Andrew Cawthorne et Corina Pons avec María Ramírez in Ciudad Bolivar; Henri-Pierre André pour le service français)

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