22 décembre 2016 / 12:29 / il y a un an

Champagne-L'effet du Brexit se fera sentir sur les prix en 2017

* Recul attendu des ventes 2016 en France et en Grande-Bretagne

* Des hausses de prix attendues en 2017 en Grande-Bretagne

* Le champagne à la peine dans les hôtels-restaurants à Paris

* La filière toujours portée par le grand export

par Pascale Denis

PARIS, 22 décembre (Reuters) - Le champagne devrait voir ses ventes baisser en 2016, pénalisé par un recul en France et en Grande-Bretagne, où les effets du Brexit devraient se traduire par des hausses de prix début 2017.

Les expéditions totales devraient reculer d‘environ 2% cette année en volume par rapport aux 312,5 millions de bouteilles écoulées en 2015, selon des professionnels du secteur, tandis qu‘en valeur, le chiffre d‘affaires n‘atteindra pas le record de 4,74 milliards d‘euros de l‘an dernier.

En Grande-Bretagne, premier pays d‘exportation du champagne, la baisse de la livre consécutive au vote sur le Brexit a compliqué la donne pour les Champenois.

Surveillées à la loupe, les ventes devaient y baisser cette année. Mais le recul devrait être limité car le marché britannique est dominé par les grandes marques internationales qui, soucieuses de préserver leurs ventes sur un marché très concurrentiel, n‘ont pas voulu relever leur tarifs pour compenser leur perte de change.

Par ailleurs, grâce à l‘afflux massif de touristes attirés par la baisse de la devise, les ventes réalisées dans les hôtels et les restaurants “se tiennent très bien”, aux dires d‘un responsable d‘une grande maison ayant requis l‘anonymat.

En Angleterre, près de 60% des ventes de champagne passent par la grande distribution et le prosecco italien continue de gagner des parts de marché. Les ventes du vin pétillant italien ont grimpé de 34% l‘an dernier, selon l‘institut IRI, quand celles du champagne ont limité leur hausse à 1%.

“Le marché britannique est en phase d‘ajustement. Les marques n‘ont pas encore répercuté les écarts de taux de change sur leurs prix”, a déclaré à Reuters Charles-Armand de Belenet, directeur marketing de Martell Mumm Perrier-Jouët, propriété de Pernod Ricard.

RENTABILITÉ DÉGRADÉE

“Les opérateurs qui facturent en sterling vont faire une bonne fin d‘année”, prédit Jérôme Philipon, président du directoire de Bollinger qui, fin novembre, “n‘avait plus de stocks à livrer pour le marché britannique”.

Mais ils voient leur rentabilité rognée.

Chez Lanson, numéro deux du secteur derrière le groupe LVMH, “les volumes se tiennent, ils progressent même légèrement (...) Mais la question des devises est un sujet de préoccupation, c‘est une perte de change considérable”, selon son président Bruno Paillard.

Les maisons qui facturent en euros sont quant à elles plus directement touchées. Elles ont vu leurs tarifs augmenter et leurs commandes baisser, souligne Jean-Marie Barillère, président de l‘Union des maisons de champagne (UMC).

Pour contourner la difficulté, Taittinger, lui, dédommage son importateur afin qu‘il ne soit pas pénalisé par la dévaluation de la livre. Son président Pierre-Emmanuel Taittinger évoque “une bonne année, y compris en Angleterre”.

Dans ce contexte, la profession se prépare à relever ses prix au début de 2017 pour compenser, en partie, ses pertes de change ou de volume d‘affaires.

“Les grands opérateurs devraient relever leurs tarifs dès janvier. Mais on ne pourra pas passer en une fois une hausse compensant complètement la perte de change”, estime Jérôme Philipon, pour qui les tarifs pourraient monter de 3% à 7%.

LA FRANCE À LA PEINE

En France, après une stabilisation en 2015, les expéditions sont à nouveau attendues en baisse, plombées par une conjoncture morose et fragilisées par la chute de la fréquentation touristique étrangère à Paris et sur la Cote d‘Azur après les attentats et les grèves.

L‘Hexagone reste le premier marché du champagne, avec 52% de ses ventes en volume en 2015.

En revanche, comme les années précédentes, le champagne reste très dynamique sur les marchés du “grand export” (hors Union européenne), Etats-Unis, Japon et Australie en tête.

Les Champenois y récoltent les fruits de leur montée en gamme permettant d‘améliorer le “mix” et le prix moyen grâce à des cuvées spéciales ou des rosés très prisés sur ces marchés.

Chez Perrier-Jouët, les ventes devraient grimper de 9% en valeur en 2016, portées notamment par ses cuvées millésimées. (Edité par Jean-Michel Bélot)

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