March 14, 2018 / 12:34 PM / 4 months ago

France-Moins sollicitée, la médiation du crédit s'adapte

PARIS, 14 mars (Reuters) - La baisse des recours à la médiation du crédit aux entreprises s’est accentuée en 2017, la situation financière des entreprises s’étant améliorée sur fond de reprise économique, mais ce contexte porteur s’accompagne désormais de nouveaux besoins.

Selon le bilan d’activité de cette organisation présenté mercredi, 2.302 entreprises ont sollicité la médiation l’an dernier - soit 17% de moins qu’en 2016 - avec 1.514 dossiers jugés éligibles et 1.394 dossiers instruits et clos.

L’année 2016 avait déjà été marquée par un recul de 7% des recours à la médiation.

Avec un taux de réussite de 65% l’an dernier, en hausse d’un point par rapport à 2016, la médiation a permis de conforter l’activité de 909 entreprises employant plus de 11.000 personnes, via le déblocage de 193 millions d’euros de crédits.

“On est globalement dans une situation satisfaisante”, a déclaré mercredi Fabrice Pesin, médiateur national du crédit, lors d’une conférence de presse tout en soulignant que les TPE restent toujours davantage confrontées aux difficultés de financement.

La grande majorité des saisines de la médiation (85%) émanent d’entreprises employant moins de dix salariés.

LES DÉPENSES IMMATÉRIELLES DANS LE VISEUR

Par secteur d’activité, la proportion de demandes provenant de la construction a diminué sous l’effet d’une amélioration de la conjoncture dans le secteur du BTP (14% des demandes en 2017 après 15% en 2016) et dans l’hôtellerie-restauration, qui se redresse après avoir été affectée dans le sillage des attentats de 2015 et 2016 (9,5% en 2017 après 12% en 2016).

Davantage d’interventions ont en revanche été nécessaires dans le commerce (27% des demandes l’an dernier après 25% en 2016), un secteur à la fois pénalisé par la concurrence du commerce en ligne et particulièrement à la peine dans les centres-villes.

Mise en place fin 2008 au plus fort de la crise financière, pour aider les chefs d’entreprises confrontés à des difficultés d’accès au financement bancaire ou à des baisses de garanties d’assurance-crédit, la médiation doit désormais faire face aux “nouveaux défis du financement” et accompagner des difficultés d’une nature différente, souligne Fabrice Pesin.

Dans une conjoncture plus favorable, le redémarrage de l’activité se traduit par “un besoin de fonds de roulement de rebond”, explique-t-il.

Il évoque par exemple les petites entreprises du BTP dont les carnets de commandes s’étoffent mais qui ont besoin d’engager des dépenses pour embaucher ou se procurer des matériaux, alors qu’ils n’encaisseront les recettes qu’après des délais, souvent longs, de réalisation des chantiers.

Ces besoins peuvent générer dans certains cas des difficultés de financement liées notamment à des bilans qui portent les traces des années de crise, souligne la médiation dans un communiqué.

Des difficultés de financement peuvent aussi apparaître dans le cadre de l’adaptation à la transformation numérique ou du développement de l’export et ce même si de tels projets ne mobilisent pas forcément des montants importants, a expliqué Fabrice Pesin.

“On est dans l’immatériel, il n’y a pas de garantie à donner à un prêteur et le retour sur investissement est difficile à évaluer”, à la fois pour les dirigeants et pour les financeurs.

Autant de points de friction sur le financement que la médiation devra contribuer à résoudre car “c’est crucial (...) si on veut garder un tissu de TPE”.

Myriam Rivet, édité par Yves Clarisse

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