21 mai 2016 / 16:51 / il y a 2 ans

Pas de raison de se ruer aux stations-services, selon l'Ufip

* “Nous pouvons tenir”, dit l‘Union française des industries pétrolières

* Pas de pénurie avant plusieurs semaines, d‘après Vidalies

PARIS, 21 mai (Reuters) - Plusieurs centaines de stations-services étaient samedi en rupture totale ou partielle en raison d‘un mouvement social mais il n‘y a pas de raison de se précipiter aux pompes à essence, selon l‘Union française des industries pétrolières (Ufip).

Votée dans plusieurs raffineries et dépôts de carburants, la grève reconductible contre le projet de loi Travail a mené vendredi plusieurs préfectures du nord-ouest de la France à prendre des mesures de restrictions pour l‘achat de carburants.

“Il ne faut pas paniquer”, a dit à Reuters Catherine Enck, porte-parole de l‘Ufip. “Nous avons du produit en France, le tout est de pouvoir l‘acheminer. Les raffineries fonctionnent même si le débit est parfois ralenti.”

“Nous pouvons tenir”, a-t-elle insisté.

Le secrétaire d‘Etat aux Transports, Alain Vidalies, avait assuré vendredi qu‘il n‘y avait pour le moment pas de risque de pénuries mais admis que la question pourrait se poser si le mouvement devait durer plusieurs semaines.

Selon les données de l‘Ufip, syndicat professionnel représentant 39% du marché en France, 317 stations-services Total sont en rupture totale ou partielle, principalement en Bretagne, Nord-Pas-de-Calais-Picardie, Normandie, Pays-de-Loire et Île-de-France. Le groupe français exploite 2.200 des 11.500 stations recensées en France.

Les stations-services Shell et Eni ne souffrent d‘aucune pénurie, précise l‘Ufip.

L‘Union des importateurs indépendants pétroliers (UIP), à laquelle sont affiliés les réseaux des grandes surfaces Auchan, Carrefour, Casino et Cora, n‘était pas joignable dans l‘immédiat.

Parmi les cinq raffineries Total, une fonctionne normalement, une autre tourne au ralenti en raison de blocages et trois -- celles de Donges (Loire-Atlantique), Feyzin (Rhône) et Gonfreville-l‘Orcher (Seine-Maritime) -- sont partiellement à l‘arrêt.

Les trois autres raffineries françaises fonctionnent plus ou moins normalement: les deux exploitées par Esso sont par moments bloquées et celle de Petroineos ne rencontre aucune difficulté.

“L‘objectif est l‘arrêt de toutes les raffineries en France. C‘est un appel à la grève illimitée”, a déclaré vendredi à Reuters le délégué central CGT de Total Raffinage Pétrochimie, Thierry Defresne. “Le but n‘est pas de créer la pénurie, c‘est d‘obtenir le retrait de la loi (Travail)”, a-t-il ajouté.

Il a précisé que les salariés de la raffinerie Total de Gonfreville-l‘Orcher avaient voté à 56% l‘arrêt complet des installations. Ceux de la raffinerie Total de Grandpuits, en Seine-et-Marne, ont voté la reconduction de la grève pour 72 heures, a-t-il ajouté.

A Donges, près de Nantes, l‘arrêt des expéditions a été reconduit pour une semaine supplémentaire, jusqu‘au vendredi 27 mai. (Sybille de La Hamaide et Simon Carraud, édité par Henri-Pierre André)

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