9 mai 2016 / 22:22 / il y a 2 ans

MES-Des doutes sur la gestion de la dette grecque à long terme

BRUXELLES, 9 mai (Reuters) - Des doutes sérieux se manifestent quant aux possibilités de gestion de la dette grecque sur le long terme, lit-on dans un document du Mécanisme européen de stabilité (MES), alors même que les ministres des Finances de la zone euro discutent des moyens de gérer le service de cette même dette.

Le document du MES, préparé pour la réunion de l‘Eurogroupe de ce lundi, précise que, suivant le scénario principal, la croissance économique de la Grèce serait de 3,1% en 2018, de 2,8% en 2019, de 2,5% en 2020, de 1,5% en 2025 et de 1,3% de 2030 à 2060.

Athènes parviendrait à dégager un excédent budgétaire primaire, soit hors service de la dette, de 3,5% du PIB de 2018 à 2025. Après quoi, il diminuerait pour rester à 1,5% de 2040 à 2060.

Si ce scénario se concrétisait, la zone euro, principal créancier de la Grèce, pourrait assurer la gestion de la dette grecque sur la durée en:

- prorogeant de cinq ans l‘échéance maximale pondérée à 37,5 ans;

- reprofilant le tableau d‘amortissement en établissant les remboursements des prêts à 1% du PIB jusqu‘en 2015 et en pratiquant un amortissement linéaire au-delà;

- plafonnant l‘intérêt perçu sur la Grèce à 2%, toute partie supérieure à 2% étant reportée jusqu‘en 2050. L‘intérêt cumulé et capitalisé serait ensuite versé par tempéraments égaux.

HUIT MILLIARDS D‘EUROS

Le document, dont Reuters a pris connaissance, envisage aussi la possibilité de restituer à la Grèce les bénéfices engrangés par la Banque centrale européenne (BCE) sur ses avoirs en dette grecque jusqu‘en 2026, ce qui équivaudrait à un versement de l‘ordre de huit milliards d‘euros.

Une autre éventualité serait de rembourser par anticipation les prêts au Fonds monétaire international (FMI) car ils sont bien plus chers que ceux du MES.

Ce dernier pourrait ainsi racheter les prêts du FMI en employant l‘argent non employé pour le renflouement de la Grèce. Le mécanisme a en effet dépensé une vingtaine de milliards d‘euros de moins que prévu dans la recapitalisation du secteur bancaire grec.

Le MES prend pour hypothèse que le FMI débourserait six milliards d‘euros pour la Grèce dans le cadre du dernier renflouement. De ce fait, Athènes devrait au Fonds 17,6 milliards d‘euros en 2018, lorsque le plan de renflouement sera arrivé à échéance.

Suivant ce scénario, le coût annuel du service de la dette pourrait rester inférieur à 15% du PIB jusqu‘à la fin des années 2030 et en deçà de 20% par la suite.

Toutefois, des scénarios moins favorables “nécessiteraient des mesures de bien plus grande ampleur pour assurer la gestion durable de la dette”, lit-on dans le document.

Suivant un scénario où la croissance serait moindre et la diminution de l‘excédent primaire plus prononcée que dans le cas du scénario principal, la zone euro devrait proroger l‘échéance moyenne des prêts à la Grèce de 10 ans au moins et l‘assortir de la restitution des bénéfices obligataires de la BCE et du rachat des prêts du FMI. (Jan Strupczewski; Wilfrid Exbrayat pour le service français)

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