8 mai 2016 / 18:05 / dans 2 ans

LEAD 1-Heurts devant le parlement grec avant un vote sous pression

ATHENES, 8 mai (Reuters) - Des heurts ont éclaté dimanche entre la police grecque et des manifestants réunis devant le Parlement, où les députés devaient se prononcer sur de nouvelles réformes de la fiscalité et des retraites contestées par les syndicats, qui ont appelé à une grève générale de quarante-huit heures vendredi et samedi.

Les forces de l‘ordre, qui ont essuyé des jets de cocktails Molotov, ont riposté à coups de grenades lacrymogènes et assourdissantes. La foule s‘est aussitôt dispersée.

Le vote du Parlement sera suivi lundi à Bruxelles d‘une réunion des ministres des Finances de la zone euro. La dette de grecque et les mesures prises par Athènes seront au centre des discussions.

Abaisser le coût du système de retraites, l‘un des plus élevés de la zone euro, est une condition fixée à Athènes pour le déblocage d‘une nouvelle tranche d‘aide, dans le cadre du plan de sauvetage financier que le Premier ministre Alexis Tsipras a négocié l‘été dernier avec ses partenaires européens.

Ce plan, le troisième depuis le début de la crise de la dette grecque, pourrait atteindre 86 milliards d‘euros.

La Grèce a besoin d‘une nouvelle tranche de prêts pour rembourser environ cinq milliards d‘euros de dette, détenus par la Banque centrale européenne (BCE) et qui arrivent à échéance à la mi-juillet.

Le gouvernement de Tsipras ne dispose que de trois sièges de plus que la majorité au Parlement. Vendredi, le Premier ministre a appelé les députés de Syriza, son parti, à approuver la réforme du système des retraites. “C‘est une nécessité pour le rendre viable. Sans cette intervention, notre système de retraites s‘effondrerait”, a-t-il dit.

Pour le syndicat du secteur privé GSEE, qui le plus important du pays, ces réformes vont planter “le dernier clou dans le cercueil” des travailleurs et des retraités qui multiplient les sacrifices depuis six ans.

“Ils tentent de démontrer à l‘Eurogroupe qu‘ils sont de bons élèves, mais ils détruisent le système de sécurité sociale de la Grèce”, dénonce le syndicat.

ALLÈGEMENT DE DETTE

Outre la réforme du régime de retraites, les mesures soumises dimanche aux députés prévoient l‘augmentation de la contribution au financement de la sécurité sociale et une hausse de la fiscalité pour les plus hauts revenus.

Après Christine Lagarde, la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), le ministre allemand de l‘Economie, Sigmar Gabriel, a appelé à son tour samedi les Etats membres de la zone euro à entamer des négociations sur un allègement de la dette grecque, affirmant qu‘il n‘y avait aucune logique à étouffer les signes de reprise économique par de nouvelles mesures d‘austérité.

“La réunion de l‘eurogroupe lundi doit trouver le moyen de briser ce cercle vicieux”, explique Sigmar Gabriel dans un courrier électronique adressé à Reuters samedi. “Chacun sait qu‘un allègement de la dette interviendra à un moment ou à un autre. Essayer de se dérober encore et encore n‘a pas de sens”, ajoute le vice-chancelier allemand.

Cette position n‘est pas partagée par le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, qui juge un allègement inutile. (Renee Maltezou, George Georgiopoulos et Michele Kambas; Pierre Sérisier, Henri-Pierre André et Jean-Philippe Lefief pour le service français)

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