25 avril 2016 / 15:22 / dans 2 ans

La métropole de Lyon et le Rhône soldent leurs prêts toxiques

* Des emprunts renégociés

* Pas de procédure judiciaire

* Mais des centaines de millions d‘euros de coût

LYON, 25 avril (Reuters) - La métropole de Lyon et le département du Rhône ont annoncé lundi avoir trouvé une solution négociée pour solder les 217 millions d‘euros d‘emprunts toxiques contractés avec Dexia, mais pour un coût total de 425 millions d‘euros.

Renonçant aux procédures judiciaires en cours, les deux collectivités ont préféré la voie de la négociation lorsque la Banque Nationale Suisse a décidé, début 2015, de déplafonner la parité du franc suisse avec l‘euro, ce qui a entraîné une flambée des taux d‘intérêt jusqu‘à 20,77% par an.

“On ne pouvait pas continuer plus longtemps avec de tels taux”, a estimé Gérard Collomb, président socialiste de la métropole de Lyon, lors une conférence de presse.

Les trois emprunts toxiques contractés avec Dexia ont été renégociés avec l‘Agence France Locale, Euribor, et la Sfil (Société de Financement local), qui ont consenti à la Métropole lyonnaise des taux d‘intérêts bas (de 0,50% et 0,69%) pour le rééchelonnement du reste du capital dû, ceci après le versement par anticipation d‘une soulte de 95,6 millions d‘euros.

Sans possibilité d‘un versement par anticipation, le département du Rhône a obtenu de son côté un rééchelonnement de sa dette à un taux de 3,25%.

La sortie de ces emprunts toxiques a un coût important pour les deux collectivités. Les présidents des deux collectivités ont annoncé que celui-ci s‘élevait à 425 millions d‘euros, y compris la soulte et une partie des intérêts qui auraient été versés si les emprunts avaient été remboursés.

“PAS ASSURÉS DE GAGNER”

Il sera toutefois compensé par une indemnité versée par le fonds d‘aide aux collectivités victimes de prêts toxiques mis en place par l‘Etat qui ne laissera plus que 127 millions d‘euros à la charge de la métropole et 69 millions à la charge du département du Rhône.

Les responsables de deux collectivités ont expliqué avoir fait ce choix, onéreux, de sortie des emprunts toxiques afin “d‘éviter l‘aléa judiciaire”.

“Nous n‘étions pas du tout assurés de gagner, bien au contraire”, estime Richard Brumm, vice-président de la Métropole de Lyon chargé des finances, “Les procédures pouvaient s‘étaler sur encore près de quatre ans”.

Il a ajouté qu‘avec le déplafonnement du franc suisse sur l‘euro, “les taux d‘intérêt devenaient monstrueux, et pouvaient atteindre à 33%”.

“De deux maux, nous avons choisi le moindre”, a conclu Richard Brumm.

Christophe Guilloteau, président Les Républicains du département du Rhône, a ajouté que cette situation empoisonnait en outre les relations des collectivités avec les banques qui rechignaient, en raison de ces emprunts toxiques, à accorder de nouveaux prêts.

La Métropole de Lyon et le département du Rhône sont les collectivités françaises qui portaient les prêts toxiques les plus lourds. Elles sont les premières à s‘en être débarrassés et devraient être suivis par d‘autres. (Catherine Lagrange, édité par Yves Clarisse)

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