21 avril 2016 / 15:17 / il y a un an

LEAD 1-La BCE défend son cap, le tiendra aussi longtemps que nécessaire

* Draghi demande du temps pour que les mesures de la BCE marchent

* Il défend son indépendance face aux critiques allemandes

* Les gouverneurs n‘ont pas discuté de “monnaie hélicoptère”

par Balazs Koranyi et John O‘Donnell

FRANCFORT, 21 avril (Reuters) - Le président de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi, a rejeté jeudi les critiques allemandes contre la politique monétaire ultra-accommodante de l‘institution et assuré une qu‘elle utiliserait tous les outils à sa disposition “aussi longtemps que nécessaire”.

“Nos politiques fonctionnent. Elles sont efficaces. Donnez leur simplement du temps de démontrer tous leurs effets”, a-t-il déclaré à l‘issue d‘une réunion du Conseil des gouverneurs de la banque.

La BCE a sans surprise laissé ses taux inchangés après les avoir baissés en mars et n‘a annoncé aucune nouvelle mesure, se contentant de présenter les modalités de son programme de rachat d‘obligations d‘entreprises qui débutera en juin.

Mario Draghi a vivement défendu l‘indépendance de l‘institution de Francfort face aux critiques qui se multiplient en Allemagne contre ses tentatives pour relancer l‘inflation et l‘activité en zone euro, les taux particulièrement bas qu‘elles générent ayant un impact sur l‘épargne des ménages.

“Nous avons un mandat qui est d‘assurer la stabilité des prix pour l‘ensemble de la zone euro, pas seulement pour l‘Allemagne”, a-t-il dit avant de souligner que l‘indépendance de la BCE était inscrite dans les traités européens.

“Nous obéissons à la loi, pas aux politiciens”, a-t-il ajouté.

Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a estimé que la politique de la BCE posait un problème “extraordinaire”, allant jusqu‘à la rendre en partie responsable de la montée du parti populiste Alternative pour l‘Allemagne (AfD).

PAS DE DISCUSSIONS SUR LA “MONNAIE HÉLICOPTÈRE”

En réponse, le président de la BCE a aussi souligné à plusieurs reprises que son objectif de retour à une inflation proche de 2% en zone euro était encore éloigné et que des risques persistaient pour son économie.

Il a fait valoir que celle-ci serait en bien plus mauvais état si la banque centrale n‘avait pas accompagné la baisse des ses taux d‘un programme massif de rachat d‘actifs.

“Des incertitudes globales persistent (...) Il est impératif de conserver un degré approprié de politique monétaire accommodante aussi longtemps que nécessaire”, a-t-il encore dit.

Et alors qu‘en mars, Mario Draghi avait jugé possible que la baisse des taux de la BCE n‘aille pas plus loin, il a indiqué cette fois qu‘ils devraient rester à leurs niveaux actuels, voire plus bas, “pour une période prolongée”.

Mais il a déclaré que le conseil des gouverneurs n‘avait pas évoqué jeudi la possibilité de recourir à de la “monnaie hélicoptère”, qui consisterait pour la banque centrale à distribuer directement de l‘argent aux ménages.

Il avait été directement pris pour cible en Allemagne pour avoir estimé que cette “monnaie hélicoptère” était un concept intéressant.

Le problème de la BCE est que, malgré le rebond récent des prix du pétrole, les perspectives de redémarrage des prix ne s‘améliorent pas.

Le point mort d‘inflation anticipé à cinq ans dans cinq ans, un indicateur très suivi dans la zone euro , est tombé à 1,39% mercredi, soit 0,10 point sous son niveau de début mars, quand la BCE a renforcé son arsenal de mesures pour relancer les prix et stimuler le crédit. (Yann Le Guernigou pour le service français, édité par Marc Angrand)

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