5 avril 2016 / 15:13 / dans un an

LEAD 3-France-Valls et Royal divergent sur Notre-Dame-des-Landes

* Les experts jugent le projet d‘aéroport “surdimensionné”

* Royal estime qu‘il faut désormais trouver un consensus

* Valls juge que le rapport valide le projet d‘aéroport (Actualisé avec date du référendum § 13)

PARIS, 5 avril (Reuters) - Forte d‘un rapport qui qualifie de “surdimensionné” le projet d‘aéroport de Notre-Dame-des-Landes, Ségolène Royal a estimé mardi qu‘il fallait revoir le dossier à la lumière de ses conclusions, alors que Manuel Valls a jugé qu‘il le validait.

Dans le rapport publié mardi, trois inspecteurs généraux des ponts, des eaux et des forêts missionnés au début de l‘année par la ministre de l‘Environnement rejettent le projet actuel, lui préférant une extension de l‘aéroport existant ou une diminution de la surface du nouveau site de Notre-Dame-des-Landes.

“Le projet de nouvel aéroport de Notre-Dame-des-Landes apparaît surdimensionné”, disent Pierre Caussade, Nicolas Forray et Michel Massoni dans le texte remis à la ministre.

Ils proposent deux alternatives: “l‘agrandissement et la rénovation des installations actuelles de Nantes-Atlantique” ou “une redéfinition du projet avec une seule piste de 2.900 m de long et 45 m de large -- au lieu des deux pistes de 3.600 m de long dont une de 60 m de large”.

“Plus personne maintenant ne peut nier premièrement que cet aéroport est disproportionné (...) et deuxièmement plus personne ne peut contester que l‘aéroport initial aurait très bien pu, au moment où les choses ont été décidées, être aménagé pour faire face aux besoins”, a déclaré Ségolène Royal à des journalistes.

“Que chacun s‘en saisisse, que chacun puisse s‘exprimer sur ce rapport et qu‘une solution intelligente, structurée, posée puisse émerger”, a-t-elle dit.

De longue date circonspecte sur ce projet, Ségolène Royal assure que les experts ont travaillé en toute indépendance et marque ainsi sa différence avec le Premier ministre Manuel Valls, partisan de la réalisation de ce projet qui fait consensus parmi les élus locaux, de droite comme de gauche.

RÉFÉRENDUM LE 26 JUIN

Le chef du gouvernement a immédiatement réagi.

“Selon ce rapport, le site de Notre-Dame-des-Landes est la meilleure solution pour le transfert de l‘aéroport”, dit-il dans un communiqué. “La mission a étudié, en complément, une variante qui consisterait à ne réaliser, dans un premier temps, qu‘une seule des deux pistes. Le rapport ne se prononce pas sur la faisabilité juridique de cette hypothèse.”

Les écologistes, qui appuient l‘occupation par les “zadistes” de la zone à construire, ont une vision inverse.

“Conçu dans les années 1960, notamment dans la perspective d‘accueillir le Concorde, ce projet est daté, coûteux et représente un non-sens écologique”, dit Europe Ecologie-Les Verts dans un communiqué publié mardi.

“Le président de la République François Hollande doit abandonner officiellement ce projet aberrant afin d‘envoyer un signal fort de la France au reste du monde sur la cause environnementale et climatique”, ajoute ce texte.

Ségolène Royal, qui a émis mardi un doute sur le référendum prévu sur le projet d‘aéroport dans le département de Loire-Atlantique, a précisé ultérieurement sur France Info que le scrutin aurait lieu le 26 juin.

L‘abandon du projet obligerait l‘Etat à payer de lourds dédommagements au groupe Vinci, dont la filiale Aéroports du Grand Ouest (AGO) a obtenu la concession de Notre-Dame-des-Landes. (Julie Carriat, avec Emile Picy et Sophie Louet, édité par Yves Clarisse)

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