28 mars 2016 / 22:28 / dans un an

LEAD 2-USA-Le FBI a réussi à décrypter l'iPhone de San Bernardino

(Actualisé avec précisions, réaction d‘Apple)

par Dan Levine

SAN FRANCISCO, 28 mars (Reuters) - Le département américain de la Justice a annoncé lundi être parvenu à débloquer l‘iPhone utilisé par l‘un des deux auteurs de la tuerie de San Bernardino en Californie et a annoncé dans la foulée qu‘il renonçait à poursuivre Apple en justice.

La fin de cette histoire à rebondissement représente une victoire pour la société californienne qui s‘était très fermement opposée à une décision de justice qui lui demandait de rédiger un programme permettant aux enquêteurs de la police fédérale américaine d‘accéder aux données cryptées du téléphone.

“Dès le début, nous nous sommes opposés à la demande au FBI (...) parce que nous pensions que c‘était mal et que cela aurait constitué un dangereux précédent”, a déclaré Apple dans un communiqué diffusé lundi soir. “(...) Ce procès n‘aurait jamais dû être intenté.”

Mais la bataille plus large concernant l‘accès de la justice aux informations cryptées n‘est pas terminée. D‘un côté, les sociétés du secteur des télécoms refusent que les autorités puissent contourner les mesures de sécurité entourant leurs produits, arguant qu‘il s‘agit de la sécurité de chacun.

L‘autorité judiciaire fait de son côté valoir qu‘il n‘y a plus d‘enquête possible sans accès aux données téléphoniques.

Dans cette affaire précise, le FBI souhaitait qu‘Apple l‘aide à pouvoir entrer dans le combiné mobile de Syed Rizwan Farook, auteur, avec son épouse, de la tuerie qui a fait 14 morts et 22 blessés le 2 décembre dernier à San Bernardino en Californie. Les deux tueurs ont été abattus lors d‘une fusillade avec la police après l‘attaque.

Après avoir affirmé pendant des semaines qu‘Apple seul possédait le savoir-faire technique permettant de débloquer le téléphone de Syed Rizwan Farook, le département de la Justice avait annoncé à la veille d‘une audience la semaine dernière qu‘une tierce partie non spécifiée lui avait présenté un moyen susceptible d‘ouvrir le téléphone sans l‘aide d‘Apple.

CRÉATIVITÉ

Et lundi, dans un document de deux pages remis à un juge fédéral de Riverside en Californie, le département de la Justice annonçait que le FBI “avait réussi à accéder aux données stockées dans l‘iPhone de Farook et ne demandait plus de ce fait l‘aide d‘Apple” et ne demandait plus en conséquence que la firme à la pomme soit contrainte de l‘aider.

Les grands noms du secteur technologiques, Microsoft , Facebook et Google avaient apporté leur soutien à Apple, tandis que la demande du département de la Justice était notamment appuyée par des proches des victimes de San Bernardino.

Le département de la Justice va-t-il maintenant partager avec Apple sa découverte sur la manière d‘entrer dans les données téléphoniques de ses téléphones mobiles ?

S‘il le fait, la société remédiera très certainement à cette faiblesse et rendra inopérante la technique employée par le FBI.

Le gouvernement peut aussi décider de garder pour lui sa découverte et laisser Apple gérer la communication avec le public concernant la sécurité de ses appareils.

Un certain nombre d‘autres affaires sont en cours aux Etats-Unis où la police judiciaire demande à avoir accès aux données contenues dans des iPhone. La résolution de l‘affaire liée à la tuerie de San Bernardino n‘implique pas que ces demandes soient satisfaites. Une audience dans une de ces affaires est prévue mardi à New York.

“Pour le gouvernement, il demeure prioritaire que les autorités chargées de faire appliquer la loi puissent obtenir les informations numériques cruciales pour protéger la sécurité nationale et la sécurité du public, que ce soit en coopération avec les parties concernées ou via les tribunaux si la coopération ne réussit pas”, a déclaré une porte-parole du département de la Justice.

“Nous continuerons à rechercher tous les moyens disponibles pour cette mission, y compris en recherchant la coopération des fabricants et en s‘appuyant sur la créativité et du public et du secteur privé.” (Avec Joseph Menn à San Francisco et Eric Beech à Washington; Benoît Van Overstraeten, Nicolas Delame et Danielle Rouquié pour le service français)

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