25 mars 2016 / 10:48 / il y a 2 ans

LEAD 1-La France accélère dans la réduction des déficits

* Les collectivités locales font baisser le déficit

* Sapin exclut d‘accélérer encore le rythme en 2016

* La croissance 2015 revue en légère hausse (Avec détails et déclarations supplémentaires)

par Yann Le Guernigou et Myriam Rivet

PARIS, 25 mars (Reuters) - Le déficit public de la France a baissé plus que prévu en 2015 grâce à une croissance économique plus soutenue, des taux bas qui ont allégé la charge de la dette mais aussi à la chute des dépenses d‘investissement des collectivités locales.

Selon des données publiées vendredi par l‘Insee, il s‘est élevé à 77,4 milliards d‘euros, soit 7,4 milliards de moins qu‘en 2014 et l‘équivalent 3,5% de la richesse nationale contre 4,0% un an plus tôt, alors qu‘il avait été prévu à 3,8% à l‘origine.

Cette annonce est de nature à rassurer la Commission européenne qui reproche à la France d‘être “plus lente que le reste de la zone euro” dans la réduction de son déficit public.

“Nous diminuons les déficits tout en soutenant la croissance”, s‘est félicité le ministre des Finances Michel Sapin.

“Souvent, on oppose l‘un et l‘autre, nous sommes en train de prouver l‘inverse : on peut être sérieux budgétairement tout en permettant à la croissance de reprendre”, a-t-il ajouté sur BFM TV, pour estimer qu‘il y avait “maintenant tous les éléments qui rendent parfaitement crédible” l‘objectif d‘un déficit ramené à 3,3% du PIB en 2016.

Pour autant, le gouvernement, qui a annoncé depuis janvier une série de dépenses nouvelles, dont un dégel du point d‘indice de la fonction publique dénoncé par l‘opposition comme un geste “préélectoral”, ne prévoit pas d‘accélérer pour passer sous 3%, l‘objectif promis à Bruxelles pour 2017, dès cette année.

“Nous nous sommes fixé une stratégie (...) le résultat 2015 nous conforte”, a dit le ministre lors d‘un point de presse, “on ne va pas faire la course ensuite”.

L‘Insee a fait état dans le même temps d‘un net ralentissement de la hausse de la dette publique, qui atteint 2.096,9 milliards d‘euros à fin décembre, soit l‘équivalent de 95,7% du PIB contre 95,3% un an plus tôt après avoir culminé à 97,8% à la fin du deuxième trimestre.

DES NUAGES SUR DÉBUT 2016

L‘institut a revu en hausse parallèlement la croissance de l‘économie française pour 2015 à 1,2% (contre 1,1% estimé auparavant) tout en confirmant la marque de +0,3% du quatrième trimestre.

Si le tableau de 2015 est globalement meilleur, des nuages sont apparus qui pourraient atténuer la poursuite de l‘embellie attendue début 2016 par l‘Insee dans sa dernière note de conjoncture.

Après la baisse du climat des affaires en mars annoncée jeudi matin, le moral des ménages français s‘est lui aussi dégradé ce mois-ci sur des craintes accrues pour l‘évolution de leur niveau de vie, selon des données publiées vendredi matin.

Le ministère du Travail a annoncé entre temps que le chômage était reparti en hausse en février et ce, pour toutes les catégories d‘âge, avec un nouveau record pour les demandeurs d‘emploi de catégorie A (sans aucune activité).

Le pouvoir d‘achat des ménages a progressé de 1,8% l‘an passé, à la faveur notamment de la baisse des prix de l‘énergie. Mais, si leurs dépenses ont augmenté, ils ont aussi renforcé leur épargne, dont le taux est monté jusqu‘à 15,9% au dernier trimestre, un plus haut depuis la mi-2011.

Le gouvernement avait laissé entendre clairement que le déficit public 2015 serait inférieur aux prévisions après les annonces successives de comptes de l‘Etat et de la Sécurité sociale moins dégradés qu‘escompté.

Plus de la moitié de la baisse du déficit de l‘Etat est due à la diminution de la charge de la dette (-2,3 milliards d‘euros) qui a bénéficié de la faiblesse des taux d‘intérêt.

Mais l‘essentiel de l‘amélioration pour 2015 est venue des collectivités locales, qui ont dégagé un excédent, le premier depuis 2003, de 0,7 milliard après un déficit de 4,6 milliards un an plus tôt.

L‘Insee l‘explique par une chute de 10% de leurs dépenses d‘investissements dans le contexte de la baisse des dotations de l‘Etat qui veut les faire contribuer à la maîtrise des dépenses publiques.

Michel Sapin et le secrétaire d‘Etat au Budget Christian Eckert ont tous deux exclu vendredi de renoncer à la dernière tranche de baisse des dotations prévue en 2017 pour relancer leur investissement, une éventualité évoquée jeudi par certains médias

Les communiqués de l‘Insee :

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Le point sur la conjoncture française (édité par Marc Joanny)

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