23 septembre 2015 / 05:05 / il y a 2 ans

RPT-LEAD 2-Xi Jinping entame sa visite aux USA en rassurant tous azimuts

(Au 7e paragraphe, lire ”ne s‘engagera pas sur la voie de la contrefaçon)

* Le président chinois en visite d‘Etat jusqu‘à la fin de la semaine

* Il sera reçu vendredi par Barack Obama à la Maison blanche

* “La Chine et les Etats-Unis peuvent devenir un socle de stabilité mondiale”, dit-il

par Michael Martina, Alwyn Scott et Eric M. Johnson

SEATTLE, 23 septembre (Reuters) - Le président chinois Xi Jinping a entamé mardi une visite d‘Etat d‘une semaine aux Etats-Unis en cherchant à rassurer une classe politique et des chefs d‘entreprises américains sceptiques aussi bien sur les réformes économiques que les cyber-attaques, les droits de l‘homme ou la contrefaçon.

Dans un discours prononcé devant 650 dirigeants d‘entreprises et invités réunis à Seattle, sur la côte ouest, le numéro un chinois a passé en revue tous les thème qui pèsent sur les relations bilatérales entre son pays et les Etats-Unis.

Xi Jinping, qui rencontrera vendredi à Washington son homologue américain Barack Obama et prendra aussi pour la première fois depuis son accession à la présidence chinoise la parole à la tribune de l‘Assemblée générale des Nations unies, a insisté sur le rôle que devaient jouer les deux premières puissances économiques de la planète.

“Si la Chine et les Etats-Unis coopèrent bien, ils peuvent devenir un socle de stabilité mondiale”, a-t-il dit. “S‘ils devaient entrer en conflit ou en confrontation, cela déboucherait sur un désastre pour les deux pays et le monde en général.”

LA CHINE, “CE N‘EST PAS ‘HOUSE OF CARDS’”

Devant son auditoire de Seattle, le président chinois, qui arrive aux Etats-Unis sur fond de vives inquiétudes sur la croissance économique de son pays, a promis de ne pas affaiblir le yuan pour donner un coup de pouce aux exportations et a promis de travailler avec les Etats-Unis pour lutter contre la cybercriminalité.

“Nous sommes contre la dépréciation compétitive, ou la guerre des devises, et n‘abaisserons pas le taux de change du renminbi pour soutenir les exportations”, a déclaré Xi Jinping.

La Chine, a ajouté le secrétaire général du Parti communiste chinois (PCC), ne s‘engagera pas sur la voie de la contrefaçon.

A la Maison blanche, des responsables de l‘administration Obama indiquent que le cyber espionnage sera un des thèmes majeurs des discussions qu‘auront Xi et Obama en fin de semaine.

L‘administration américaine plaidera aussi auprès de Xi pour qu‘il évite les “remèdes faciles” au ralentissement de l‘activité chinoise, dont une dépréciation du yen qui boosterait ses exportations, a déclaré à Reuters le principal conseiller économique de la Maison blanche, Jason Furman.

Xi a également abordé la lutte contre la corruption, priorité affichée depuis son accession à la direction de la deuxième puissance économique mondiale, affirmant avoir le soutien de la population chinoise et promettant de poursuivre son combat.

Il a parallèlement démenti que la campagne anticorruption soit le produit de luttes entre factions. “Il n‘y a pas de lutte de pouvoir là-dedans, ce n‘est pas ‘House of Cards’”, a-t-il dit, déclenchant des rires dans son auditoire par cette allusion à la série américaine à succès sur les jeux de pouvoir et les manipulations politiques au plus haut de l‘administration américaine.

La Chine, a encore dit Xi, restera sur la voie de réformes financières et d‘une ouverture de son économie. “Il n‘y aura pas de retour en arrière de la Chine dans ce processus”, a-t-il promis.

TROP LENTE OUVERTURE DES MARCHÉS CHINOIS

Côté américain, où on déplore les lenteurs de ce processus, des critiques s‘étaient élevées avant son arrivée quant au traitement réservé aux entreprises américaines opérant en Chine.

“Cette semaine, un certain nombre d‘accords importants vont être annoncés pendant la visite du président Xi qui illustrent l‘engagement des sociétés américaines à soutenir le développement de la Chine, à la fois en capital et aussi avec des technologies de niveau mondial”, a déclaré la secrétaire américaine au Commerce, Penny Pritzker.

“Cependant, a-t-elle ajouté, nous et nos entreprises continuons à avoir de graves inquiétudes concernant un manque général de transparence juridique et réglementaire, une protection inconséquente de la propriété intellectuelle, des politiques technologiques et du cyberespace discriminatoires et, plus généralement, l‘absence de pied d‘égalité dans toute une série de secteurs.”

John Frisbie, président de l‘US-China Business Council, co-organisateur du forum où Xi a pris la parole à Seattle, a relevé pour sa part que le dernier sondage auprès de ses membres montrait “une érosion régulière et continue de la confiance dans les perspectives d‘activité en Chine”.

Dans un article publié par la China Business Review avant la venue du président chinois, il observe que “l‘ambitieux programme de réforme économique de la Chine entre dans sa troisième année sans grand impact sur les questions auxquelles sont confrontées les entreprises américaines”.

“Pour dire les choses simplement, ajoute-t-il, la Chine n‘a pas encore commencé à démanteler les barrières freinant l‘accès au marché dans de nombreux secteurs de l‘économie chinoise et à ériger un environnement concurrentiel plus équitable.”

Et le président de l‘US-China Business Council d‘enfoncer le clou: “Les entreprises attendent des signes tangibles de réformes mais ne les obtiennent pas.”

Les défenseurs des droits de l‘homme, qui entendent se mobiliser tout au long de la visite de Xi, ont commencé à donner de la voix à Seattle, où une centaine de manifestants ont accueilli le président chinois à son arrivée en dénonçant le sort des Tibétains ou bien encore des adeptes du Falun gong, un groupe religieux qui affirme que ses membres sont emprisonnés ou condamnés aux travaux forcés.

Des partisans de Pékin ont organisé une contre-manifestation.

Analysant la première prestation du président chinois sur le sol des Etats-Unis, Scott Kennedy, spécialiste de l‘économie et de la politique chinoise au Center for Strategic and International Studies (CIIS) de Washington, estimait mardi soir que Xi Jinping “a parfaitement tiré son épingle du jeu”.

“Il a fourni des assurances verbales complètes mêlées à des concessions véritables limitées. Cela lui épargne une réaction majeure de la part du gouvernement ou des milieux d‘affaires américains.” (Danielle Rouquié et Henri-Pierre André pour le service français)

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