30 juillet 2015 / 03:06 / dans 2 ans

LEAD 9-Le débris de La Réunion provient "très probablement" d'un Boeing 777

* Un débris d‘avion mais pas de certitude sur sa provenance

* Ce pourrait être un morceau d‘aile de Boeing 777

* Le vol MH370 a disparu sans laisser de traces en mars 2014

* La Malaisie envoie une équipe sur l‘île française

* Les vérifications devraient prendre plusieurs jours

* Les courants auraient pu pousser le débris très loin (Avec information sur la pièce d‘avion)

par Joe Brock

SAINT-DENIS-DE-LA-REUNION, 30 juillet (Reuters) - Le morceau d‘aile d‘avion retrouvé mercredi sur les rivages de l‘île de la Réunion appartient “très probablement” à un Boeing 777 et sera envoyé en France métropolitaine pour vérifier s‘il provient de l‘appareil de la Malaysia Airlines disparu en mars 2014, a déclaré jeudi le Premier ministre malaisien Najib Razak.

“Le lieu est cohérent avec l‘analyse de la dérive fournie à l‘équipe d‘enquête malaisienne, qui a montré une trajectoire allant du sud de l‘océan Indien à l‘Afrique”, a-t-il dit.

Il a émis l‘espoir que la lumière pourrait être faite sur l‘un des épisodes les plus mystérieux de l‘aviation civile, l‘appareil ayant disparu alors qu‘il effectuait la liaison entre Kuala Lumpur et Pékin avec 239 personnes à bord.

La chaîne de télévision française France 2 a montré des images du débris retrouvé à Saint-André, dans l‘est de La Réunion. On y lit distinctement l‘inscription 657 BB, qui correspond dans un manuel d‘entretien du Boeing 777 à une pièce de l‘aile appelée “flaperon”, une sorte de volet, ce qui semble prouver qu‘il appartient à ce type d‘avion.

“Il est pratiquement certain que ce flaperon provient d‘un Boeing 777. Notre chef d‘enquête me l‘a dit”, a pour sa part déclaré le vice-ministre malaisien des Transports, Abdul Aziz.

Ce débris sera transféré près de Toulouse, dans une antenne de la Direction générale de l‘armement (DGA) spécialisée dans les techniques aéronautiques, a-t-on appris jeudi de source proche de l‘enquête. Le laboratoire de Balma est notamment spécialisé dans les “investigations après accidents ou incidents sur matériaux, cellules et systèmes”.

DES LAMBEAUX DE SAC

Des lambeaux de tissu avec des fermetures éclair pouvant appartenir à un sac de voyage et trouvés au même endroit seront également expédiés vers la métropole, potentiellement au service scientifique de la gendarmerie à Cergy-Pontoise, près de Paris, où sont notamment effectuées les recherches ADN.

“Tout sera mis en oeuvre pour faire partir le débris d‘aile et le sac le plus vite possible, si possible vendredi, avec une arrivée probable samedi”, a-t-on dit à Reuters de même source.

Le Bureau d‘enquêtes et d‘analyses (BEA) a refusé de son côté jeudi de confirmer que la pièce provenait d‘un Boeing 777.

“Il n‘y a aucune confirmation officielle à ce stade”, a dit un de ses responsables à Reuters, selon qui cette information sera donnée par les autorités malaisiennes ou Boeing.

“Le BEA a un rôle de coordination mais pas de direction de l‘enquête”, a-t-il ajouté en précisant qu‘il n‘y avait pas d‘équipe du BEA à la Réunion.

Dans un communiqué, le préfet de La Réunion et le ministère français de la Justice ont souligné mercredi qu‘aucune hypothèse ne pouvait être exclue dans cette enquête confiée au pôle d‘instruction du tribunal de grande instance de Paris.

“A ce stade, la provenance du débris n‘est pas identifiée. Aucune hypothèse ne peut être exclue”, dit ce document.

Abdul Aziz a précisé qu‘une équipe malaisienne était en route pour la Réunion et qu‘il faudrait deux jours environ pour vérifier que la pièce provient ou non du vol MH370.

Quatre accidents graves impliquant un 777 ont été recensés en vingt ans et a priori un seul, celui du MH370, s‘est produit au sud de l‘équateur. “Nous n‘avons perdu aucun autre 777 dans cette partie du monde”, note Greg Feith, ancien enquêteur du NTSB, l‘équivalent américain du BEA.

DISPARITION MYSTÉRIEUSE

Cette découverte reste pour l‘heure la seule susceptible de relancer l‘enquête sur la disparition du Boeing de la Malaysian Airlines, une des plus mystérieuses de l‘histoire de l‘aviation.

Depuis janvier, par décision de l‘aviation civile malaisienne, la disparition du vol MH370 le 8 mars 2014 est considérée comme un accident.

L‘avion avait décollé de Kuala Lumpur pour Pékin mais a disparu des écrans radar après avoir inexplicablement dévié de plusieurs milliers de milles nautiques de sa trajectoire de vol. Les enquêteurs pensent que le transpondeur de l‘appareil a été délibérément mis hors service.

Aucune trace de l‘appareil, et notamment ses enregistreurs de vol, n‘ont été retrouvés malgré des mois de recherches. Les opérations se sont concentrées sur une vaste zone océanique au large de Perth, sur la côte occidentale de l‘Australie.

Selon Robin Robertson, océanographe à l‘université de Nouvelle-Galles du Sud, à Sydney, la date et l‘endroit de la découverte du débris rendent tout à fait plausible la thèse de sa provenance du Boeing de la Malaysia Airlines. Il s‘appuie sur les mouvements connus des courants de l‘océan Indien.

Le morceau d‘aile retrouvé mesure 2 à 2,5 mètres de long. Il semble dans un état relativement correct et ne laisse apparaître aucune trace d‘incendie ni d‘impact.

“Si le débris est identifié comme provenant du MH370, cela serait cohérent avec les analyses précédentes et avec les modèles bâtis sur l‘endroit où il se serait abîmé, dans le sud de l‘océan Indien”, a déclaré dans un communiqué le vice-Premier ministre australien, Warren Truss.

Selon un ancien responsable de l‘agence américaine de la sécurité dans les transports (NTSB), il convient d‘élargir considérablement la zone de recherche de l‘épave du MH370, qui se trouve actuellement à environ 3.700 km de la Réunion.

“Il pourrait se trouver dans une zone très vaste”, a-t-il dit, expliquant que le débris retrouvé à la Réunion pourrait avoir dérivé sur une très longue distance. “La zone de recherche pourrait devoir être élargie plus à l‘ouest.” (Avec Lincoln Feast et Swaty Pandey à Sydney, Alwyn Scott à New York, Yanoultra Ngui à Kuala Lumpur, Emmanuel Jarry à Paris, édité par Yves Clarisse)

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