20 juillet 2015 / 13:25 / il y a 2 ans

La Banque de France propose un taux du Livret A à 0,75%

PARIS, 20 juillet (Reuters) - Le gouverneur de la Banque de France a proposé lundi d‘abaisser d‘un quart de point, à 0,75%, le taux du Livret A et du Livret de développement durable (LDD) à compter du 1er août pour tenir compte de la faiblesse de l‘inflation.

Dans un communiqué, Christian Noyer indique que la formule de calcul de la rémunération du livret A, qui tient compte des taux du marché monétaire et du rythme d‘inflation hors tabac sur une base annuelle aurait conduit à le ramener à 0,50%.

“Toutefois, compte tenu de la prévision d‘une légère augmentation de l‘inflation d‘ici la fin de l‘année et dans la perspective de préserver encore mieux le pouvoir d‘achat des épargnants, le gouverneur considère qu‘il est justifié de déroger à la stricte application de la formule de calcul (...) ainsi que le règlement en prévoit la possibilité,” lit-on dans le communiqué.

Il propose “en conséquence de fixer le taux du livret A à 0,75%”, alors qu‘il se situe à 1,0%, un plus bas historique, depuis le 1er août 2014, date à laquelle il avait déjà été abaissé d‘un quart de point.

La recommandation de Christian Noyer doit encore être entérinée par le ministre des Finances Michel Sapin, qui, tout comme son prédécesseur Pierre Moscovici, n‘a pas toujours suivi dans le passé ces propositions de baisse de la rémunération du produit d‘épargne le plus populaire en France.

L‘inflation hors tabac est tombée à +0,3% sur les douze mois à fin juin en France et les taux du marché monétaire sont actuellement en zone négative.

A 0,75%, “l‘épargne immédiatement disponible des français restera ainsi rémunérée nettement au-dessus de l‘inflation au cours des prochains mois”, souligne Christian Noyer.

UN COÛT POUR LES RESSOURCES DES BANQUES

“La baisse du taux du livret A aidera la croissance et l‘emploi en allégeant le coût des crédits. Elle favorisera aussi la construction de logements sociaux, dont le coût est directement lié à celui de l‘épargne réglementée”, ajoute-t-il.

Invoquant la protection de l‘épargne populaire, le gouvernement avait refusé de baisser le taux du livret A d‘un quart de point, à 0,75%, début 2015, quand l‘inflation en rythme annuel était tombée à 0,1%.

Le 6 juillet, Christian Noyer avait une nouvelle fois plaidé pour une baisse des taux de l‘épargne réglementée en France dont le niveau constitue, selon lui, “un obstacle de plus en plus fort” à la diffusion dans l‘économie de la politique monétaire très accommodante de la Banque centrale européenne.

“Il est hors de question que les taux ne baissent pas au cours de l‘année”, avait-il dit, en soulignant que le taux du livret A ou du plan d‘épargne logement s‘éloignaient de plus en plus des niveaux prévus par leurs formules de calcul .

Nettement supérieurs aux taux de marché, ils représentent un coût pour les ressources des banques, dans la mesure où ils influent sur le niveau de taux des autres livrets qu‘elles distribuent, et renchérissent le coût de financement du logement social, le principal emploi de la partie (60%) du livret A centralisée auprès de la Caisse des dépôts.

La Banque de France propose aussi de ramener la rémunération du livret d‘épargne populaire à 1,25 %, du compte sur livret d‘épargne entreprise à 0,50% et du compte d‘épargne logement hors prime d‘Etat à 0,50%. (Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse)

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