6 mars 2015 / 19:39 / il y a 3 ans

LEAD 2-USA-La vigueur de l'emploi plaide pour une hausse de taux

* Plus de créations d‘emploi que prévu en février

* Le taux de chômage tombe à 5,5%

* Les marchés parient pour un hausse des taux en juin (Actualisé avec commentaires d‘analystes, du président de la Fed de Richmond)

par Lucia Mutikani

WASHINGTON, 6 mars (Reuters) - Les créations d‘emploi ont été plus nombreuses que prévu en février aux Etats-Unis et le taux de chômage a diminué, montrent les statistiques officielles publiées vendredi, qui pourraient inciter la Réserve fédérale américaine à relever ses taux d‘intérêt dès le mois de juin.

Les créations d‘emploi non-agricoles le mois dernier se chiffrent à 295.000 contre 239.000 le mois précédent, ce dernier chiffre étant révisé à la baisse, annonce le département du Travail. Les économistes attendaient en moyenne 240.000 créations d‘emploi en février.

Le taux de chômage est ressorti à 5,5% après 5,7% en janvier, un chiffre meilleur que le consensus de 5,6%.

Cette accélération des créations d‘emploi ne s‘est traduite que par une augmentation de 0,1% du salaire horaire moyen, passé de 24,75 dollars à 24,78 dollars.

Après la publication de ces chiffres, qui confirment l‘amélioration du marché de l‘emploi de la première économie du monde, le dollar a atteint un plus haut de 11 ans et demi par rapport à un panier de devises de référence, faisant chuter l‘euro sous la barre de 1,09 dollar pour la première fois depuis septembre 2003.

VERS UN RELÈVEMENT DES TAUX

Wall Street a ensuite ouvert à la baisse, les investisseurs craignant sûrement que ces bons chiffres n‘incitent la Réserve fédérale à accélérer le calendrier du relèvement des taux d‘intérêt, rendant ainsi le crédit plus cher dans un avenir proche.

“Nous estimons que l‘économie est dans un état qui permet à la Fed de commencer à normaliser sa politique monétaire”, a dit Sam Bullard, économiste à Wells Fargo Securities. “Nous pensons qu‘elle (la Fed) est sur la voie d‘un changement des taux en juin.”

Les traders qui parient sur le calendrier du relèvement des taux sont de plus en plus nombreux à penser que la Fed franchira le pas lors de sa réunion de politique monétaire du mois de juin, même si l‘hypothèse du mois de septembre reste considérée comme plus probable.

La publication des chiffres de l‘emploi précède de peu la prochaine réunion de politique monétaire de la banque centrale américaine, programmée les 17 et 18 mars.

De nombreux économistes s‘attendent à voir la Fed abandonner le terme de “patiente” pour qualifier son attitude vis-à-vis du relèvement des taux, ce qui renforcerait l‘hypothèse d‘une première hausse des taux depuis la crise financière dès le mois de juin.

“La Fed se décidera certainement à abandonner le terme ”patiente“ dès sa prochaine réunion pour se rapprocher d‘une hausse des taux plus tard cette année”, explique Dan Greenhaus, stratégiste de BTIG.

JUIN OU SEPTEMBRE ?

La Réserve fédérale, dont le taux au jour le jour est proche de zéro depuis décembre 2008, surveille attentivement le chômage mais aussi le niveau des salaires et de l‘emploi.

De nombreux responsables de l‘institut d‘émission considèrent le taux de chômage actuel, au plus bas depuis mai 2008, comme proche du plein emploi.

Les membres du comité de politique monétaire, au nombre de 17, sont presque majoritaires à vouloir mettre l‘option d‘un relèvement au mois de juin sur la table.

La question qui demeure est de savoir si la baisse du chômage est suffisante pour entraîner une hausse des salaires et de l‘inflation.

“Tous les signaux indiquent que la Fed va normaliser sa politique monétaire, soit en juin soit en septembre, et nous sommes assez convaincus que cela se passera cette année”, dit Rick Rieder, du gestionnaire d‘actifs BlackRock.

La Fed a jusqu‘à présent motivé sa prudence par le faible niveau de l‘inflation mais pourrait bientôt opter pour plus d‘audace.

John Williams, l‘influent président de la Fed de San Francisco, a ainsi surpris son monde en déclarant jeudi qu‘il ne fallait pas attendre trop longtemps avant de relever les taux.

Le même John Williams s‘était prononcé en janvier pour une hausse des taux vers le milieu de l‘année en soulignant que l‘économie américaine se portait bien malgré les difficultés observées dans d‘autres régions du monde.

Quant à Jeffrey Lacker, président de la Fed de Richmond, il a déclaré vendredi que la Fed pouvait relever ses taux d‘intérêt même si les mesures de l‘inflation restaient inférieures à l‘objectif de la banque centrale, répétant que son opinion selon laquelle la Fed devrait relever ses taux au mois de juin.

“Si nous sommes convaincus qu‘ils (les cours du pétrole) sont transitoires, alors les perspectives d‘inflation restent relativement stables et nous pouvons avancer et prendre cette volatilité en compte”, a-t-il déclaré à la radio SiriusXM.

Tableau de la statistique

Les indicateurs américains en temps réel (Avec; (Reporting by Michael Flaherty, Jonathan Spicer à New York, Patrick Vignal et Juliette Rouillon pour le service français, édité par Bertrand Boucey)

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