21 février 2014 / 15:08 / dans 4 ans

Arnaud Montebourg crée un champion public des mines

Destruction par l'armée française d'une mine d'or clandestine en Guyane. Le ministre du Redressement productif a lancé officiellement vendredi une Compagnie nationale des mines, dont l'un des premiers dossiers sera l'or de la Guyane, qu'Arnaud Montebourg ne veut pas laisser aux orpailleurs clandestins venus du Brésil voisin. /Photo d'archives/REUTERS/Ranu Abhelakh

par Yann Le Guernigou

MONTMORENCY, Val-d‘Oise (Reuters) - Le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, a lancé officiellement vendredi une Compagnie nationale des mines pour permettre à la France de sécuriser ses approvisionnements en matières premières, notamment pour les “terres rares”.

Ardent avocat du patriotisme économique et de l‘Etat stratège en la matière, il a déclaré qu‘il entendait ainsi “réengager la France dans la bataille mondiale, qui est aujourd‘hui menée par les Etats, pour accéder aux ressources naturelles.”

Le ministre avait choisi symboliquement le cadre de la carrière de gypse de Montmorency (Val-d‘Oise), le plus grand gisement de France pour ce matériau utilisé dans la fabrication du plâtre et du ciment, pour lancer ce projet.

Le site est exploité par Saint-Gobain, dont l‘ancien PDG, Jean-Louis Beffa, archétype du patron “colbertiste”, est très écouté au ministère du Redressement productif.

La Compagnie nationale des mines de France s‘appuiera sur le savoir faire du BRGM (Bureau des recherches géologiques et minières) et les moyens financiers de l‘Agence des participations de l‘Etat, qui seront ses deux actionnaires. Elle devrait être dotée initialement d‘une enveloppe de 200 à 400 millions d‘euros sur une période de cinq à sept ans.

Un de ses premiers dossiers sera l‘or de la Guyane, qu‘Arnaud Montebourg ne veut pas laisser aux orpailleurs clandestins venus du Brésil voisin.

La réponse à la présence de ces derniers ne saurait être qu‘en termes de maintien de l‘ordre, a dit le ministre, qui a indiqué que des négociations allaient s‘engager avec les collectivités locales du département d‘Outre-mer “pour avoir une stratégie d‘exploitation de notre or.”

AFRIQUE ET ASIE CENTRALE

Il a fait état en outre d‘un intérêt de nombreux gouvernements, en Afrique et en Asie centrale, deux régions où le BRGM est déjà présent, pour le savoir-faire français en matière d‘exploration minière.

La nouvelle compagnie nationale se présentera comme une holding, qui disposera de filiales dans chaque pays où elle opérera pour être à même d‘y nouer des alliances avec des intérêts publics.

Arnaud Montebourg y voit un “moyen original de permettre aux populations d‘exercer un contrôle sur la ressource minière et aux Etats d‘assurer leur souveraineté sur des ressources de plus en plus rares qu‘il ne faut pas laisser toujours entre les mains dangereuses de multinationales qui n‘en feraient qu‘à leur guise.”

Pour la France, l‘enjeu est tout autant de sécuriser les importations pour ses grandes industries de transformation que sont la sidérurgie et l‘aluminium que d‘assurer ses approvisionnements en métaux et terres rares nécessaires aux industries de pointe (téléphonie, micro-processeurs, énergies renouvelables.)

Interrogé sur la possibilité de partenariats avec le secteur privé, Arnaud Montebourg a répondu que tout était envisageable mais “au cas par cas” et que la puissance publique devait être majoritaire.

“Nous souhaitons être maîtres de nos ressources, c‘est une politique d‘indépendance et de souveraineté de la Nation. Si certains veulent monter dans l‘avion que nous pilotons, il n‘y a pas de problème.”

Edité par Yves Clarisse

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