14 février 2014 / 16:33 / il y a 4 ans

Les résultats des sociétés européennes déçoivent relativement

Les résultats 2013 annoncés jusqu'à présent par les sociétés européennes sont jugés décevants par les investisseurs, qui restent néanmoins optimistes pour cette année, l'amélioration économique en Europe et l'accélération aux Etats-Unis devant compenser le ralentissement des pays émergents. /Photo d'archives/David W Cerny

par Alexandre Boksenbaum-Granier

PARIS (Reuters) - Les résultats 2013 annoncés jusqu'à présent par les sociétés européennes sont jugés décevants par les investisseurs, qui restent néanmoins optimistes pour cette année, l'amélioration économique en Europe et l'accélération aux Etats-Unis devant compenser le ralentissement des émergents.

Selon les analystes et gérants interrogés par Reuters, la moitié environ des résultats annuels publiés jusqu'ici en Europe sont ressortis en dessous des attentes du marché, contre seulement un quart aux Etats-Unis, où les entreprises profitent pleinement de l'accélération de la croissance américaine.

"La grande majorité des entreprises n'arrivent pas à battre le consensus, voire déçoivent, plus en raison des effets devises défavorables que d'un véritable ralentissement de leur activité", résume Geoffroy Goenen, responsable des actions européennes chez Dexia AM.

Pénalisés par ces effets de change et des charges de restructurations, les bénéfices ont reculé de 8% l'an dernier pour l'indice Stoxx 50 Europe et les chiffres d'affaires de 2,2%, selon les données compilées par Thomson Reuters StarMine.

Malgré cette situation et les variations significatives sur le front des devises en début d'année, les investisseurs se montrent confiants pour 2014, préférant souligner l'importance des perspectives dans un contexte de légère amélioration économique en zone euro et d'accélération aux Etats-Unis.

"LES RESTRUCTURATIONS APPARTIENNENT AU PASSÉ"

"Le thème pour 2014, c'est le retour à la croissance pour les entreprises, elles doivent aller chercher de la croissance et trouver des niches pour se développer. Les restructurations appartiennent au passé et le marché veut maintenant de la croissance et de la croissance rentable", note Geoffroy Goenen.

L'enjeu est en effet de taille, rappellent les investisseurs qui misent cette année sur la progression des bénéfices après deux années de hausse de la Bourse dopée par les mesures prises par les grandes banques centrales (taux très bas et injections de liquidités) alors que la Réserve fédérale américaine a ralenti le montant de ses achats d'actifs.

"La problématique des résultats est cruciale cette année", souligne ainsi Olivier Ekambi, gérant actions chez State Street global Advisors.

"Le moteur principal des actions cette année sera l'amélioration des résultats d'entreprises. Ce qui est important, c'est que l'on puisse constater une traduction de la reprise économique en Europe dans les résultats opérationnels."

Pour cette raison, gérants et analystes observent surtout l'effet de levier opérationnel, c'est-à-dire l'effet multiplicateur de la hausse du chiffre d'affaires sur les résultats.

"L'effet de levier opérationnel est très fort en zone euro car de nombreux coûts variables y sont plus rigides qu'aux Etats-Unis, comme le coût du travail, à la différence des coûts fixes dont le niveau est similaire dans les deux régions", explique Mathieu L'Hoir, stratégiste chez AXA IM.

LES ÉCARTS SE CREUSENT

"Ce levier va pouvoir jouer à plein et l'on anticipe une convergence des marges entre l'Europe et les Etats-Unis", poursuit Mathieu L'Hoir.

La marge opérationnelle se situe à 10,7% en Europe et à 13,9% aux Etats-Unis, contre, respectivement, 16,6% et 15,5% à fin 2007. La marge nette, elle, est revenue au niveau de 2007 aux Etats-Unis à près de 9%, alors qu'elle reste très en deçà en Europe, à 5,7% contre 10,4%, selon Datastream.

Ces écarts s'expliquent avant tout par la situation des deux zones, qui sont dans des phases du cycle économique différentes, soulignent les investisseurs évoquant la maturité du cycle aux Etats-Unis et le début d'un rebond en Europe.

Pour faire une bonne comparaison entre les deux régions, il faudrait comparer la situation actuelle en Europe avec celle de 2010 pour les Etats-Unis, estiment les analystes, qui s'attendent à une progression plus élevée des bénéfices sur le Vieux Continent cette année.

"Toute la question est de savoir si nous allons finir 2014 avec une croissance des bénéfices de 14% ou en recul de 2% comme en 2012 et 2013. On pourrait avoir une tendance bénéficiaire mais elle sera plus vers 7%. Mais le problème, c'est que cette dynamique ne va pas être uniforme, des sociétés vont faire +15% et d'autres -10%", relève Emmanuel Soupre, directeur de la gestion actions de Neuflize OBC Investissements.

"Les écarts se creusent entre les entreprises à cause non pas de leur stratégie mais de leur exposition géographique. Les écarts entre les entreprises sont plus prononcés qu'auparavant. Il n'y a plus de comportements uniformes", relève-t-il.

Ce dernier estime que cette situation va perdurer en 2014, toutes les sociétés n'étant pas, notamment, concernées de la même manière par les variations de taux de change.

Dans un tel contexte, les gérants misent sur les valeurs cycliques exposées à la demande domestique des pays développés ou les entreprises capables de résister à une guerre des prix.

Avec Blaise Robinson, édité par Jean-Michel Bélot

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