20 janvier 2014 / 06:03 / dans 4 ans

PSA et l'Etat français confirment un projet avec Dongfeng

par Gilles Guillaume et Laurence Frost

PSA Peugeot Citroën et l'Etat français ont confirmé lundi soir un projet d'augmentation de capital de trois milliards d'euros à laquelle le chinois Dongfeng et l'Etat devraient participer à parité. Les ventes du groupe ont baissé de 4,9% en 2013./Photo d'archives/REUTERS/Charles Platiau

PARIS (Reuters) - PSA Peugeot Citroën et l‘Etat français ont confirmé lundi soir un projet d‘augmentation de capital de trois milliards d‘euros à laquelle le chinois Dongfeng et l‘Etat devraient participer à parité.

Le constructeur, dont les ventes ont baissé de 4,9% dans le monde en 2013, et de 7,3% en Europe , espère être en mesure de faire une annonce à l‘occasion de la publication de ses résultats annuels, le 19 février.

“Selon le scénario privilégié, la société envisagerait de procéder à une augmentation de capital réservée à Dongfeng Motor suivie d‘une augmentation de capital avec droits préférentiels de souscription à laquelle Dongfeng Motor participerait”, indique PSA dans un communiqué.

Pierre Moscovici et Arnaud Montebourg ont annoncé de leur côté que l‘Etat français était prêt à participer à l‘opération aux côtés de Dongfeng, “au même niveau et dans les mêmes conditions”.

“L‘Etat est attaché à la réalisation d‘un projet qui assure la pérennité et le développement du groupe en veillant à son ancrage en France”, soulignent les ministres de l‘Economie et du Redressement productif dans un communiqué.

Sans évoquer directement la famille Peugeot, son principal actionnaire à hauteur de 25% du capital, PSA précise que des bons de souscription d‘actions pourraient être attribués gratuitement aux actionnaires actuels, avec un prix d‘exercice égal à celui de l‘augmentation de capital réservée.

Une source proche du dossier a indiqué que “le principe d‘un scénario à trois (Dongfeng-Etat français-famille Peugeot, NDLR) est arrêté. Ce sont les modalités qui ne le sont pas encore, d‘où l‘usage du conditionnel”.

Cette source avait auparavant déclaré à Reuters que le conseil de surveillance du groupe s‘était entendu dimanche soir sur un équilibre entre les trois parties, les modalités de l‘opération - prix de souscription et niveau de la participation de chaque actionnaire - n‘ayant pas fait l‘objet d‘une annonce car elles ne sont pas encore arrêtées.

“Elles restent dépendantes des conditions de marché et du cours de Bourse”, a ajouté la source.

“UN LION À TROIS TÊTES”

Dongfeng et l‘Etat français contribueraient chacun à hauteur de 500 à 800 millions d‘euros, a-t-elle dit, tandis que la famille Peugeot remettrait 100 millions d‘euros au pot. Tous trois pourraient se retrouver ainsi avec des participations comprises probablement entre 10% et 15%.

Le quotidien Les Echos a évoqué une augmentation de capital réservée de 1,5 milliard d‘euros, avec un prix de souscription entre 7,5 et 8 euros, suivie d‘un appel au marché complémentaire du même montant. Le niveau de représentation de chaque actionnaire serait alors de 14% du capital environ.

Le titre PSA à clôturé lundi à 10,205 euros, en chute de 11%.

Dans son communiqué, PSA dit étudier “d‘autres scénarios alternatifs d‘augmentation de capital” mais ne dit mot des implications de son projet avec Dongfeng et l‘Etat sur la gouvernance du groupe.

Si des aménagements ne sont pas exclus, le scénario à trois reléguerait au second plan la ligne plus traditionnelle défendue par le président du conseil de surveillance Thierry Peugeot qui, selon Le Monde, penchait pour une opération de marché qui aurait permis au groupe de se passer notamment du soutien de l‘Etat.

La question de la gouvernance, abordée dimanche au conseil, pourrait être résolue par le choix d‘un président indépendant, aux côtés du futur directeur général Carlos Tavares. Le nom de Louis Gallois, déjà administrateur du groupe, a circulé dans la presse, même si certains le jugent trop proche de l‘Etat.

PSA aurait toutefois à son capital trois actionnaires de référence dont les objectifs pourraient diverger. Il sera bien difficile “de dompter un lion à trois têtes”, observent les analystes de CM-CIC Securities dans une note.

Ces objectifs pourraient néanmoins converger rapidement sur la Chine, premier marché automobile mondial et véritable planche de salut pour PSA.

Jean-François Dufour, analyste chez DCA Chine, souligne notamment qu‘en s‘alliant à Dongfeng, PSA aurait accès aux financements bancaires en Chine, devenu l‘an dernier le premier marché de la marque Citroën.

Avec Sophie Sassard à Londres, édité par Dominique Rodriguez

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