11 octobre 2013 / 15:06 / dans 4 ans

Royal Mail s'envole en Bourse, Londres accusé de bradage

LONDRES (Reuters) - Pour ses débuts en Bourse, l‘action Royal Mail se traitait vendredi après-midi plus de 30% au-dessus de son cours d‘introduction, une envolée qui a ravivé les critiques de l‘opposition travailliste et des syndicats sur une mise à prix jugée trop basse.

Pour ses débuts en Bourse, l'action Royal Mail se traitait vendredi après-midi plus de 30% au-dessus de son cours d'introduction, une envolée qui a ravivé les critiques de l'opposition travailliste et des syndicats sur une mise à prix jugée trop basse. Vers 14h45 GMT, le titre s'échangeait à 440 pence. /Photo prise le 12 septembre 2013/REUTERS/Phil Noble

Vers 14h45 GMT, le titre s‘échangeait à 440 pence, soit une hausse de 33,3% par rapport à sa mise à prix de 330 pence, après être monté jusqu‘à 456 pence, ce qui valorisait le groupe 4,56 milliards de livres (5,36 milliards d‘euros).

Vince Cable, secrétaire d‘État aux Entreprises, a cependant réfuté selon laquelle la privatisation de Royal Mail, dont les boîtes aux lettres rouges sont un symbole du Royaume-Uni, aurait lésé le contribuable.

“Il y a énormément d‘agitation et de spéculation après une importante entrée en Bourse (IPO) de ce type”, a-t-il déclaré à la BBC. “Ce qui est important, c‘est à quel niveau le cours finira par se stabiliser.”

Une trentaine de syndicalistes ont eux manifesté devant la Bourse, en arborant des bannières qui dénonçaient le “casse de Royal Mail”.

“C‘est honteux, ce qui se passe aujourd‘hui”, a déclaré Billy Hayes, secrétaire général de la Communication Workers Union (CWU), qui était opposée à cette privatisation et qui consulte sa base pour lancer une grève.

Londres a proposé gratuitement 10% des actions de Royal Mail aux salariés de l‘entreprise, et sur les 150.000 d‘entre eux susceptibles d‘en recevoir, seuls 368 les ont refusées.

“EUPHORIE”

Lorsque l‘opération - largement sursouscrite - sera achevée, Londres aura levé 1,7 milliard de livres, hors commissions bancaires, mais l‘Etat conservera 37,8% du capital de Royal Mail, une proportion qui pourrait être ramenée à 30% si la clause de surallocation est activée.

Selon l‘intermédiaire financier IG, 102 millions d‘actions, soit près d‘un cinquième des titres mis en vente, ont changé de main au cours de la première heure de transactions vendredi.

“Il y a manifestement eu une euphorie énorme, avec un certain battage (...) donc les gens se sont peut-être un peu laissé emporter”, souligne David Jones, responsable de al stratégie de marchés d‘IG.

Les transactions sur Royal Mail sont conditionnelles jusqu‘au 15 octobre, ce qui signifie qu‘en théorie elles seraient nulles et non avenues si l‘opération était annulée.

Une source proche du dossier a expliqué qu‘il fallait prendre en compte plusieurs facteurs dans la valorisation du groupe, comme le risque de grève et la part inhabituellement élevée qui a été vendue en une seule occasion.

“Quand vous voyez le prix auquel vous pouvez vendre en un jour 60% d‘un groupe qui n‘a jamais été coté auparavant, et que vous le comparez au cours auquel vous pouvez échanger une petite partie de ces titres sur le marché, il y a visiblement eu un rabais massif”, juge-t-elle.

Kylie MacLellan et William James; Wilfrid Exbrayat et Julien Dury pour le service français

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