7 octobre 2013 / 09:26 / il y a 4 ans

Rome demande aux chemins de fer d'aider Alitalia

ROME (Reuters) - Le gouvernement italien a demandé à la compagnie publique de transport ferroviaire Ferrovie dello Stato (FS) d‘envisager une prise de participation dans la compagnie aérienne en difficulté Alitalia , ce qui pourrait permettre à Rome de trouver une solution alternative à une pris de contrôle par Air France-KLM.

Le gouvernement italien a demandé à la compagnie publique de transport ferroviaire Ferrovie dello Stato (FS) d'envisager une prise de participation dans la compagnie aérienne en difficulté Alitalia , selon des sources proches du dossier. /Photo d'archives/REUTERS/Chris Helgren

Le groupe français, qui possède 25% d‘Alitalia, se dit prêt à venir en aide à Alitalia si des conditions “strictes” sont satisfaites.

Alitalia a accumulé des pertes de plus de 840 millions d‘euros et une dette de l‘ordre du milliard d‘euros depuis son sauvetage en 2009 par un groupe d‘investisseurs et par Air France-KLM.

Salvatore Mancuso, vice-président de la compagnie aérienne italienne, a prévenu qu‘une prise de contrôle par Air France-KLM aurait un coût très élevé pour Alitalia, notamment en terme de suppressions de postes et au prix d‘une restructuration d‘envergure.

La question de l‘emploi est cruciale pour le gouvernement du président du Conseil Enrico Letta et elle explique la volonté de Rome d‘approcher FS.

Une réunion sur le dossier devait avoir lieu ce lundi au Palazzo Chigi, la résidence du président du Conseil, avec l‘administrateur délégué de FS Mauro Moretti.

Un rapprochement de FS et d‘Alitalia pourrait toutefois comporter des problèmes en terme de droit de la concurrence, tous deux desservant la très lucrative liaison entre Rome et Milan.

Certains observateurs du secteur considèrent que la meilleure solution serait une reprise en mains par Air France-KLM, mais des sources proches des négociations expliquent que d‘importantes divergences opposent les deux parties, sur la question des engagements financiers et sur la manière dont le groupe français adapterait les opérations de son homologue italien à son propre réseau.

Le gouvernement italien s‘inquiète de son côté du rôle qu‘Air France-KLM attribuerait à l‘aéroport de Rome Fiumicino dans le cadre de sa stratégie.

“Je n‘aime pas ce qu‘Air France aimerait faire avec Alitalia - cantonner Fiumicino à rôle de troisième hub (après Paris et Amsterdam)”, a déclaré Salvatore Mancuso au Messaggero, estimant qu‘une telle solution se traduirait par la perte de “milliers d‘emplois, effacerait le nom de l‘Italie des principales lignes aériennes et empêcherait Alitalia de croître en Afrique.”

Equinox, le fonds de Mancuso, détient 3,8% d‘Alitalia.

Giselda Vagnoni, Marc Angrand et Nicolas Delame pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

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